Frederika Fenollabbate

journal intime d'un écrivain élaboré pendant l'écriture de son roman, ou: comment le quotidien se nourrit de l'écriture et l'écriture du quotidien

18-02-05

FILLE


Clarence White


Louise Bourgeois, Spiralwoman, 2003


Marketa Othova, 2004

L'intensité de cette envie actuelle d'écrire m'en empêche, pour le moment. Je sais, je ne me voile pas la face, que ce n'est pas faute de bonne maturation au niveau de la préparation. Les éléments, en nébuleuses, sont bien ordonnés en moi, sans que cet ordonnancement m'en soit visible totalement. Il est à point, pour écrire: comme une ligne de flottaison entre le conscient et l'inconscient. Tout y est, parfaitement. Et, paradoxalement, c'est pour ça que cela empêche d'écrire, pour le moment... Maintenir la pureté de l'angoisse: stopper la compulsion de documentation. Et n'établir ni des schèmes au préalable, ni un quelconque plan.
Et si tout ce que j'avais écrit jusqu'à maintenant était nul et non avenu? Pensée réconfortante (sous ses dehors angoissants) ou bien opérationnelle? Tout neutraliser pour faire du nouveau. Le neuf vit de la brûlure extrême.
C'est bien cela, une envie d'écrire tellement forte qu'elle me brûle, la main droite se couvre de rouge, comme dans une impossible érection. Fille, je dois encore, une nouvelle fois, mourir à moi-même.


Posté par frederika à 11:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire