25-04-05

EX NIHILO

picasso_suite_347_l19_
Pablo Picasso, Suite

peter_senoner_stitch2
Peter Senoner

bernini_l_extase_de_sainte_th_r_se
Bernini, L'extase de Sainte Thérèse

bernin_autoportrait
Bernini, Autoportrait

"Pourquoi la répétition de l'échec?
- Si tu vois ça comme ça, il faut alors que tu voies aussi que jusqu'à un certain point cela réussit toujours. Il y a donc aussi la répétition de la réussite.
-Oui mais seulement jusqu'à un certain point...
- C'est qu'il y a une limite.
- Tu ne veux pas la dépasser? Qu'est-ce que tu désires? Tu le veux ou pas?
-Peut-être, je ne sais pas. Peut-être que comme ça, ça me convient. Que même si je suis un peu déçu, ça me convient quand même.
-Ah bon? C'est ça que tu veux alors?
-Non. Il faudrait avoir des challenges nouveaux.
-Certains le veulent pour de mauvaises raisons, par impuissance et faiblesse. Alors que nous c'est pour le contraire, c'est par excès. Eux, c'est leur faiblesse qui les rend courageux. Dès le début ils savent que de toutes façons ils n'iront pas jusqu'au bout. Tandis que les autres n'ont pas cette ouverture, parce qu'ils n'ont pas la faiblesse...
-Oui. Et là, c'est le nouveau qui a chassé l'ancien.
- Oui, c'est ça! Fantastique!"
La conversation de ce midi a chassé ma tristesse. Dans laquelle je ne peux pas écrire (ni vivre). Lueur d'espoir: je vais pouvoir de nouveau me remettre à travailler, mais pas encore.
Mais je me sens encore souillée.
Non par la fin de quelque chose, fin souhaitée et faite par moi, non par l'impression de la répétition, fausse impression vite balayée par ce que m'en a dit Fred, mais par ma porosité naturelle à un autre, sa faiblesse, ses préoccupations déplaisantes que j'ai malgré moi absorbées et qui m'indisposent. Qui me décentrent par rapport à mon roman dans lequel jusqu'alors j'étais si bien immergée par le contact de vivants dynamiques et sexuels.
Le miroir veut coller les morceaux. Il est lâche et vain. Il est aux antipodes du sexuel. Sexuel vient de la coupure. Non pas coller. Non pas diffracter pour autant. Au-delà de l'adhérance et de l'éloignement, de la question des limites. Je hais le miroir. J'aime le sexuel.

Je viens d'écrire ceci sur mon calepin en écoutant chanter une bonne chanteuse accompagnée par les grandes orgues à l'église Saint-Etienne-des-monts. Pendant ce temps, Fred fait des photos avec son nouvel appareil. Elle chante encore. Je pleure de joie. Fred s'est rapproché. Il règle l'appareil. Tout à l'heure, nu devant moi pour se photographier, son sexe devant moi assise, je n'ai pas pu m'empêcher de l'embrasser.
L'image de l'art est le chemin du sexuel.
Les deux dernières régressions coup sur coup (sans nul doute nécessaires) ont immédiatement été suivies par des rendez-vous, salutaires, avec Pierre.
Pourquoi la régression en plein élan? Pour se replonger une dernière fois pour leur dire adieu, adieu au bien, à la demande, au plaisir.
Le plaisir, c'est pour les chiens.
Chienne, je voudrais encore de la jouissance.
Et ce ne sont ni les faibles ni les chiens qui font jouir les Chiennes.
Les anges à canines de vampires,
Les loups à sourires d'innocence comme celui de Fred
Sont ceux qui font jouir les Chiennes.

Une bague à mon pouce depuis hier signalera mes lieu et date de capture et pourra dire la trace de mes voyages, de mes errances.
Et maintenant suis purifiée.



Posté par frederika à 17:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur EX NIHILO

Nouveau commentaire