09-08-05

NOTRE LA-BAS SECRET

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Jacques Fabien Gautier d'Agoty

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Jacques Fabien Gautier d'Agoty

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Nijinski, L'après-midi d'un faune

L'important ce n'est pas là où on va, c'est ce qu'on en ramène. Et ce qu'on en ramène bien sûr dépend du bon choix de la destination, choix se mesurant non  pas à la recherche de l'exotisme, de la distance, mais aux besoins immédiats, du moment. Je crois que pour nous ce qui compte c'est de partir et d'aller là où il y a de la mer. C'est ainsi que partis tout près, nous nous sommes retrouvés très loin, pour nous retrouver nous-même, chacun et ensemble. Quittant tout ce qui encombrait, la gêne, le parasitisme. Allant, sur son conseil, suivi parce que correspondant aux besoins comme à l'envie du moment, trouver pour moi une nouvelle mer, chose pas évidente pour moi si attachée à ma mer primitive, la toute petite. Et là quand je dis "petite", cela me concerne moi autant qu'elle. Nouvelle mer donc bien appréhendée cette fois car je me disais, en chemin vers elle, que l'eau c'est toujours l'eau, où qu'elle soit. Et si j'ai pu me dire cela c'est grâce à la phrase de Maître Dôgen, ma nouvelle passion, nouvelle vision..., (lecture proposée par un nouvel et invisible ami), disant que ce n'est pas, comme le croient les imbéciles c'est-à-dire le plus grand nombre,  l'eau qui se trouve dans les mers, les fleuves, les rivières mais que c'est dans l'eau que se forment fleuves, mers... Basculement intégral, ravissement au sens premier du terme.
Et là-bas j'aimais chaque matin avant de quitter la jolie chambre blanche, lumineuse, (ah! la lumière de cet endroit où l'on baigne tout le temps dans le ciel si présent), ranger les algues, bien les cacher durant mon absence, les algues mises à sécher, et le soir, en rentrant, de les déballer pour les remettre à l'air amoureusement. Je ne sais pas pourquoi dans le fond j'avais ce besoin de cacher les algues quand nous n'y étions pas... Et j'ai commencé alors à faire durant ce voyage, tout ce que mon amant me demandait. De bonne grâce et tout de suite. Comme de me déculotter devant l'église du village alors qu'il n'était que vingt heures...
Et puis dimanche matin Philippe Bl., bien-aimé, m'appelant tout serein de son endroit aussi fabuleux de vacances, à qui j'ai dit nos promenades dans les dunes, s'est exclamé, sans que j'aie eu besoin de lui faire un dessin, cette phrase que j'adore:"Ah! la dune! La dune épouse le corps. Et le corps épouse la dune."
Voilà à quoi on a joué. Magnifiquement travaillé. Et mon Fred si fatigué avant de partir, trop longtemps empêché de créer, s'est mis à faire des photos superbes pour son film. C'était un régal de le voir chaque matin prendre son appareil.
Là-bas on a fait l'amour tout le temps et d'une manière touchant la perfection je dois dire. Où l'élan contemplatif et fusionnel, jouissance Autre, était concommitant aux ébats de pur désir, déchirure et souveraine honte.
Nos hôtes aussi étaient charmants.
Je prends bien soin maintenant de mon bien-aimé. C'est là ma tâche essentielle. C'est étrange parce que l'écriture, en apparence venant en second plan dans mon organisation quotidienne maintenant, y trouve paradoxalement sa place première, je veux dire celle lui convenant le plus parfaitement. Je suis une vraie petite mère. C'est extrêmement beau et riche à vivre. Dimanche matin, je m'étais fait rien qu'à moi-même cette réflexion. Et l'après-midi, en ballade, F. m'a dit: "Quand on demandé à Truffaut s'il y avait, dans Jules et Jim, une expérience personnelle, il a répondu qu'il a fait ce film pour faire plaisir à sa mère." Voilà, il n'y a rien à ajouter de plus à ce sujet. Pour le moment.
Nous ne faisons plus maintenant que rêver à la maisonnette où ne nous n'avons pas logé encore, découverte là-bas au fond du jardin.
J'en ai rapporté 7 pages magnifiques de mon roman. Et ce n'est encore qu'un début! Et F. de nouvelles séquences magnifiques de film. Et la musique est en chemin, je crois bien.
Ce matin, j'ai travaillé Maître Dôgen. Dans lequel j'ai vu que dans le rapport maitre/disciple l'on peut voir le secret de la vision. La vision étant dans la vie la chose essentielle. D'elle, tout dépend.

Posté par frederika à 11:15 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur NOTRE LA-BAS SECRET

    bonbon

    Ton ecriture , tes moments de certitude , de joie entouree liberent ce que je suis ; ce que je suis venue chercher et qui restera la ; un plaisir ephemere " melange" une souffrance dans cette liberation qui n' a pas lieu ici ; qui n' a pas lieu d' etre ; mais 7 page
    chez maman sans amant sans ame et je ne suis pas dieu
    et je n' ai pas lieu ;
    ou baisserais je ma culotte ! il sera bon que je n' en porte plus ;qu' elle reste la .
    a secher , attendant mon retour .

    Posté par michelle, 17-08-05 à 10:15 | | Répondre
  • bonbon mâlemal

    "Où baisserai-je ma culotte" dis-tu, voilà une bonne question! N'en plus porter, oui peut-être mais alors où passe le plaisir de l'ôter? Encore et encore, ne pas l'oublier. Et penser aussi à aller ailleurs, de la maman à la mer à la fois bonne et mauvaise, qui enveloppe et fouette...
    Bien à toi.

    Posté par Frederika, 17-08-05 à 10:54 | | Répondre
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