<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Frederika Fenollabbate</title><link>http://frederika.canalblog.com/</link><description>journal intime d&apos;un &#xe9;crivain &#xe9;labor&#xe9; pendant l&apos;&#xe9;criture de son roman, ou: comment le quotidien se nourrit de l&apos;&#xe9;criture et l&apos;&#xe9;criture du quotidien</description><language>fr</language><lastBuildDate>Tue, 10 Nov 2009 19:48:02 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>FUTONS TATAMIS ET VODKA</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/08/17/729333.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/08/17/729333.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/729333/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/08/17/729333.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/friedrich.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;304&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;friedrich&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-friedrich.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Fred Fenollabbate, &lt;em&gt;Friedrich&lt;/em&gt;, http://www.neurosex.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Derevo1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;336&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;derevo1&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Derevo1.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Derevo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/PDVD_009.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;253&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;pdvd_009&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-PDVD_009.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Chen Kaige, &lt;em&gt;Adieu ma concubine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;font color=&quot;#003399&quot;&gt;Bruxelles, jeudi,&lt;br /&gt;Le
lit derri&#xe8;re moi s&apos;est moisi. Mais pas de mauvaises odeurs pour
inqui&#xe9;ter mes narines, je ne suis plus l&#xe0;. Est-ce que c&apos;est parce que
j&apos;ai un autre lit? Peut-&#xea;tre pas, parce que je voulais moi-m&#xea;me devenir
un lit. LE LIT.&lt;br /&gt;Alors si je ne sens pas la mauvaise odeur de
l&apos;ancien lit moisi, c&apos;est que je suis partie de cet endroit. Et comme
je ne me sens pas coucher par terre ni rester debout ni assise c&apos;est
que je le suis devenue, ce lit. Ce lit de la petite mer. &lt;br /&gt;Quand j&apos;ai vu la grande mer, j&apos;ai compris. &lt;br /&gt;Le dehors, maintenant, amour.&lt;br /&gt;Le
pass&#xe9; n&apos;existe pas plus que le pr&#xe9;sent. Sans parler du futur. Tout est
futur ou alors rien n&apos;est. La vie est futur ou alors elle n&apos;est pas.
Habill&#xe9;e ou sans v&#xea;tements, je suis nue. Mais non, ce n&apos;est m&#xea;me pas
&#xe7;a. Plus de diff&#xe9;rence entre quoi que ce soit. Pourquoi les Japonais
depuis toujours sont-ils si modernes? R&#xe9;ponse: par le zen. On pourrait
dire aussi par le jeu ma&#xee;tris&#xe9; du signifiant. C&apos;est pareil. On ne
comprend rien au zen, &#xe0; la puissance (la bonne car il y en a une
mauvaise aussi, tr&#xe8;s mauvaise...) du signifiant, si on n&apos;a pas rejet&#xe9;
tout ce qui constitue nos traditions, et m&#xea;mes celles de notre
modernit&#xe9;. Je ne peux pas dire pourquoi je vous attends, &#xe9;toiles
filantes du zen, sinon pour la simple raison que je sais que vous &#xea;tes
l&#xe0;. Et donc, voil&#xe0;, je ne vous attends pas.&lt;br /&gt;Hier, j&apos;ai vu... le
miroir du miroir. C&apos;est une eau profonde, &#xe0; la fois limpide et opaque
comme le sont les yeux bleus de D. L. Car les yeux de D. L. (d&#xe9;-aile)
sont bleus mais je ne le vois pas. Glauques. Comme je suis glauque!
Grande est la voie du glauque. Respirer comme on se d&#xe9;shabille est
r&#xe9;serv&#xe9; aux initi&#xe9;s.&lt;br /&gt;Prendre cette main qui n&apos;a pas de doigts. Mais
comment faire pour ne pas la briser entre mes omoplates folles qui
crient dans la nuit blanche de cette Russie que je ne connais pas et
que je r&#xea;ve de plus en plus pr&#xe9;cis&#xe9;ment, si pr&#xe9;cis&#xe9;ment que je me suis
rendu compte que je n&apos;ai m&#xea;me plus &#xe0; boire de la vodka. Alors oui, je
comprends, j&apos;ai bu pas mal de vodka pour fuir les petits Europ&#xe9;ens
blancs. Il y a un mar&#xe9;cage vaste, clair et profond au milieu de ma
poitrine. Il est ti&#xe8;de. A l&apos;automne, il battra peut-&#xea;tre pour toi. Ou
te battra. Je ne cours plus. Apr&#xe8;s rien. Parce que rien, &#xe7;a
existe. Rien ne vient trop tard. J&apos;ai mang&#xe9; les yeux du crapaud: je
suis assistante de r&#xe9;alisateur, inspiratrice de sc&#xe9;nario, costumi&#xe8;re et
habilleuse (travail consistant &#xe0; d&#xe9;shabiller plut&#xf4;t et le plus t&#xf4;t est
toujours le mieux), maquilleuse... Faudrait que j&apos;apprenne &#xe0; tatouer et
je tatouerai les acteurs comme il se doit, c&apos;est mon secret. Mon coeur
est une fronti&#xe8;re.&lt;br /&gt;Elle bat et donc elle n&apos;est pas stable. Une
fronti&#xe8;re qui n&apos;est pas stable ne peut &#xea;tre dignement appel&#xe9;e
fronti&#xe8;re. Une fronti&#xe8;re se doit d&apos;&#xea;tre stable. Mais alors si mon coeur
est une fronti&#xe8;re, qui ne l&apos;est pas, qu&apos;est-il donc?&lt;br /&gt;Je ne voudrais plus ni rire ni pleurer. Entre les deux. Ce sourire p&#xe2;le et aigu comme l&apos;&#xe9;clair.&lt;br /&gt;Je
veux dire qu&apos;il y a mieux &#xe0; faire que perdre et gagner. Je veux dire
que l&#xe0; rien n&apos;est &#xe0; dire parce que tout est &#xe0; faire. Et d&#xe9;faire. Et je
vois dans un oeil d&#xe9;chir&#xe9; par un store trop t&#xf4;t baiss&#xe9; que l&#xe0; o&#xf9; je
fends et bas en br&#xe8;che, je n&apos;y suis plus parce que le pouvoir n&apos;est pas
mon fort. Je suis beaucoup trop forte pour &#xe7;a. Voir la z&#xe9;brure de ma
puissance n&apos;est pas vraiment chose &#xe0; craindre m&#xea;me si bien s&#xfb;r c&apos;est
terrifiant. Et aujourd&apos;hui, je ne sais pas quel jour de ce beau mois
d&apos;ao&#xfb;t de la cinqui&#xe8;me ann&#xe9;e apr&#xe8;s les trois z&#xe9;ros, j&apos;&#xe9;cris d&apos;une main
si s&#xfb;re que c&apos;est comme de la calligraphie. Me voil&#xe0; devenue japonaise.
Vive. Ardente. Nue. Lit.&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 17 Aug 2005 09:44:00 GMT</pubDate></item><item><title>NOTRE LA-BAS SECRET</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/08/09/711996.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/08/09/711996.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/711996/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/08/09/711996.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Agoty_ange_blog.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;329&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Agoty_ange_blog.jpg&quot; alt=&quot;agoty_ange_blog&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Jacques Fabien Gautier d&apos;Agoty&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/d_Agoty_enfantement_blog.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;306&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-d_Agoty_enfantement_blog.jpg&quot; alt=&quot;d_agoty_enfantement_blog&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Jacques Fabien Gautier d&apos;Agoty&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Nijinski_Faune.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;288&quot; height=&quot;350&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Nijinski_Faune.jpg&quot; alt=&quot;nijinski_faune&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Nijinski, &lt;em&gt;L&apos;apr&#xe8;s-midi d&apos;un faune&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#003399&quot;&gt;L&apos;important
ce n&apos;est pas l&#xe0; o&#xf9; on va, c&apos;est ce qu&apos;on en ram&#xe8;ne. Et ce qu&apos;on en
ram&#xe8;ne bien s&#xfb;r d&#xe9;pend du bon choix de la destination, choix se
mesurant non&amp;nbsp; pas &#xe0; la recherche de l&apos;exotisme, de la distance,
mais aux besoins imm&#xe9;diats, du moment. Je crois que pour nous ce qui
compte c&apos;est de partir et d&apos;aller l&#xe0; o&#xf9; il y a de la mer. C&apos;est ainsi
que partis tout pr&#xe8;s, nous nous sommes retrouv&#xe9;s tr&#xe8;s loin, pour nous
retrouver nous-m&#xea;me, chacun et ensemble. Quittant tout ce qui
encombrait, la g&#xea;ne, le parasitisme. Allant, sur son conseil, suivi
parce que correspondant aux besoins comme &#xe0; l&apos;envie du moment, trouver
pour moi une nouvelle mer, chose pas &#xe9;vidente pour moi si attach&#xe9;e &#xe0; ma
mer primitive, la toute petite. Et l&#xe0; quand je dis &amp;quot;petite&amp;quot;, cela me
concerne moi autant qu&apos;elle. Nouvelle mer donc bien appr&#xe9;hend&#xe9;e cette
fois car je me disais, en chemin vers elle, que l&apos;eau c&apos;est toujours
l&apos;eau, o&#xf9; qu&apos;elle soit. Et si j&apos;ai pu me dire cela c&apos;est gr&#xe2;ce &#xe0; la
phrase de Ma&#xee;tre D&#xf4;gen, ma nouvelle passion, nouvelle vision...,
(lecture propos&#xe9;e par un nouvel et invisible ami), disant que ce n&apos;est
pas, comme le croient les imb&#xe9;ciles c&apos;est-&#xe0;-dire le plus grand
nombre,&amp;nbsp; l&apos;eau qui se trouve dans les mers, les fleuves, les
rivi&#xe8;res mais que c&apos;est dans l&apos;eau que se forment fleuves, mers...
Basculement int&#xe9;gral, ravissement au sens premier du terme.&lt;br /&gt;Et
l&#xe0;-bas j&apos;aimais chaque matin avant de quitter la jolie chambre blanche,
lumineuse, (ah! la lumi&#xe8;re de cet endroit o&#xf9; l&apos;on baigne tout le temps
dans le ciel si pr&#xe9;sent), ranger les algues, bien les cacher durant mon
absence, les algues mises &#xe0; s&#xe9;cher, et le soir, en rentrant, de les
d&#xe9;baller pour les remettre &#xe0; l&apos;air amoureusement. Je ne sais pas
pourquoi dans le fond j&apos;avais ce besoin de cacher les algues quand nous
n&apos;y &#xe9;tions pas... Et j&apos;ai commenc&#xe9; alors &#xe0; faire durant ce voyage, tout
ce que mon amant me demandait. De bonne gr&#xe2;ce et tout de suite. Comme
de me d&#xe9;culotter devant l&apos;&#xe9;glise du village alors qu&apos;il n&apos;&#xe9;tait que
vingt heures...&lt;br /&gt;Et puis dimanche matin Philippe Bl., bien-aim&#xe9;,
m&apos;appelant tout serein de son endroit aussi fabuleux de vacances, &#xe0; qui
j&apos;ai dit nos promenades dans les dunes, s&apos;est exclam&#xe9;, sans que j&apos;aie
eu besoin de lui faire un dessin, cette phrase que j&apos;adore:&amp;quot;Ah! la
dune! La dune &#xe9;pouse le corps. Et le corps &#xe9;pouse la dune.&amp;quot;&lt;br /&gt;Voil&#xe0; &#xe0;
quoi on a jou&#xe9;. Magnifiquement travaill&#xe9;. Et mon Fred si fatigu&#xe9; avant
de partir, trop longtemps emp&#xea;ch&#xe9; de cr&#xe9;er, s&apos;est mis &#xe0; faire des
photos superbes pour son film. C&apos;&#xe9;tait un r&#xe9;gal de le voir chaque matin
prendre son appareil.&lt;br /&gt;L&#xe0;-bas on a fait l&apos;amour tout le temps et
d&apos;une mani&#xe8;re touchant la perfection je dois dire. O&#xf9; l&apos;&#xe9;lan
contemplatif et fusionnel, jouissance Autre, &#xe9;tait concommitant aux
&#xe9;bats de pur d&#xe9;sir, d&#xe9;chirure et souveraine honte.&lt;br /&gt;Nos h&#xf4;tes aussi &#xe9;taient charmants.&lt;br /&gt;Je
prends bien soin maintenant de mon bien-aim&#xe9;. C&apos;est l&#xe0; ma t&#xe2;che
essentielle. C&apos;est &#xe9;trange parce que l&apos;&#xe9;criture, en apparence venant en
second plan dans mon organisation quotidienne maintenant, y trouve
paradoxalement sa place premi&#xe8;re, je veux dire celle lui convenant le
plus parfaitement. Je suis une vraie petite m&#xe8;re. C&apos;est extr&#xea;mement
beau et riche &#xe0; vivre. Dimanche matin, je m&apos;&#xe9;tais fait rien qu&apos;&#xe0;
moi-m&#xea;me cette r&#xe9;flexion. Et l&apos;apr&#xe8;s-midi, en ballade, F. m&apos;a dit:
&amp;quot;Quand on demand&#xe9; &#xe0; Truffaut s&apos;il y avait, dans &lt;em&gt;Jules et Jim&lt;/em&gt;,
une exp&#xe9;rience personnelle, il a r&#xe9;pondu qu&apos;il a fait ce film pour
faire plaisir &#xe0; sa m&#xe8;re.&amp;quot; Voil&#xe0;, il n&apos;y a rien &#xe0; ajouter de plus &#xe0; ce
sujet. Pour le moment.&lt;br /&gt;Nous ne faisons plus maintenant que r&#xea;ver &#xe0;
la maisonnette o&#xf9; ne nous n&apos;avons pas log&#xe9; encore, d&#xe9;couverte l&#xe0;-bas au
fond du jardin.&lt;br /&gt;J&apos;en ai rapport&#xe9; 7 pages magnifiques de mon roman.
Et ce n&apos;est encore qu&apos;un d&#xe9;but! Et F. de nouvelles s&#xe9;quences
magnifiques de film. Et la musique est en chemin, je crois bien.&lt;br /&gt;Ce
matin, j&apos;ai travaill&#xe9; Ma&#xee;tre D&#xf4;gen. Dans lequel j&apos;ai vu que dans le
rapport maitre/disciple l&apos;on peut voir le secret de la vision. La
vision &#xe9;tant dans la vie la chose essentielle. D&apos;elle, tout d&#xe9;pend.&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 09 Aug 2005 09:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>LE RETOUR DE LA OU L&apos;ON NE REVIENT PAS</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/07/13/651058.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/07/13/651058.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/651058/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/07/13/651058.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Trait__de_musique_grec1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;300&quot; alt=&quot;trait__de_musique_grec1&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Trait__de_musique_grec1.jpg&quot; width=&quot;365&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trait&#xe9; de musique grec, papyrus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/fassbinderschygulla.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;319&quot; alt=&quot;fassbinderschygulla&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-fassbinderschygulla.jpg&quot; width=&quot;416&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Rainer Werner Fassbinder, Hanna Schygulla&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#003399&quot;&gt;Juste apr&#xe8;s avoir senti, il y a de cela quelques ann&#xe9;es, &amp;quot;dans une autre vie&amp;quot; comme le dit souvent John Le Carr&#xe9;, qu&apos;on ne pouvait plus le voir, mon angoisse se formulait comme &#xe7;a: &lt;em&gt;plus d&apos;impr&#xe9;vu d&#xe9;sormais dans mes nuits&lt;/em&gt;. Sans doute parce qu&apos;avec Phil les rendez-vous se prenaient toujours au dernier moment, de pr&#xe9;f&#xe9;rence quand &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; bien avanc&#xe9;e la nuit. Et j&apos;avais pris l&apos;habitude, au fil des mois, d&apos;&#xea;tre r&#xe9;veill&#xe9;e par la sonnerie du t&#xe9;l&#xe9;phone. Phil de la Nuit. L&apos;impr&#xe9;vu, ou peut-&#xea;tre pas, c&apos;est que je l&apos;ai revu, bien revu oui l&apos;autre soir... On s&apos;est dit alors que nous savions que nous allions un jour nous revoir, restait &#xe0; en trouver la modalit&#xe9;. Et c&apos;est Fred qui par le travail l&apos;a trouv&#xe9;e.&lt;br /&gt;Je suis incapable de savoir ce qui me lie &#xe0; lui. Ce qui lie Fred et lui. Peut-&#xea;tre parce que lui seul &#xe0; ma connaissance est capable dans un bar &#xe0; trois heures du matin de vous inviter &#xe0; danser sur de la musique qu&apos;on n&apos;aime pas mais on s&apos;en fout dit-il, une danse tr&#xe8;s serr&#xe9;e. Tellement &#xe9;rotique. Et si peu sexuelle &#xe0; la fois. Vraiment &#xe9;trange. C&apos;est peut-&#xea;tre &#xe7;a le secret de ce qui peut se passer entre nous. S&#xe9;duction &#xe9;pur&#xe9;e. Et lui seul sait si bien envelopper sans vous d&#xe9;vorer. &lt;em&gt;Mes Sonnets&lt;/em&gt;, cette histoire..., me reviennent en t&#xea;te. Avant-hier dans ses bras, je lui ai dit: &amp;quot;Tu es un d&#xe9;mon.&amp;quot; Il en fut &#xe9;tonn&#xe9;. &amp;quot;Comment moi, un d&#xe9;mon? Avec la t&#xea;te que j&apos;ai?&amp;quot; &amp;quot;Et oui toi justement avec ta t&#xea;te d&apos;ange.&amp;quot; &amp;quot;Ah oui bien s&#xfb;r, je comprends!&amp;quot; dit-il en se collant encore un peu plus.&lt;br /&gt;Je peux lire enfin le &lt;em&gt;Nietzsche &lt;/em&gt;de Lou Salom&#xe9;. Merveille des merveilles. Un d&#xe9;veloppement alerte et concis, magistral, de l&apos;intrication volupt&#xe9;-cruaut&#xe9;-religieux, par le circuit mental de Nietzsche retra&#xe7;ant, &#xe0; partir de la polymorphie des pulsions contradictoires, la scission entre la pens&#xe9;e et la passion, la domination de l&apos;une par l&apos;autre, avec le d&#xe9;doublement du soi, et la hi&#xe9;rarchisation qui s&apos;&#xe9;tablit, pens&#xe9;e sup&#xe9;rieure et d&#xe8;s lors se fait l&apos;entr&#xe9;e du religieux... Comment l&apos;on ne peut avancer qu&apos;en se d&#xe9;truisant, comment le d&#xe9;sir a partie li&#xe9;e avec la destruction. In&#xe9;vitablement. Comment maladie et sant&#xe9; se font l&apos;une par l&apos;autre. &lt;br /&gt;Faire de la philosophie c&apos;est un chant sans m&#xe9;lodie, dit Deleuze. J&apos;ai toujours remarqu&#xe9; cette accointance entre la philosophie et la musique. Les meilleurs philosophes ont toujours voulu &#xea;tre aussi musiciens, jamais l&apos;inverse. Les meilleurs philosophes, comme Nietzsche, Wittgenstein, ont souffert de maux physiques terribles. J&apos;y vois l&#xe0; l&apos;action de la musique sans la musique, le sacrifice de la musique. La musique o&#xf9; seules peuvent exulter ensemble toutes les pulsions contradictoires, hors de la r&#xe9;flexion, sans doute au coeur matriciel de la pure pens&#xe9;e. J&apos;&#xe9;coute avec bonheur des concertos et sonates pour luth de Vivaldi, Handel, Kohaut. Cela m&apos;inspire beaucoup pour mon roman. Maintenant quand j&apos;&#xe9;coute de la musique, je pense &#xe0; ce qu&apos;a dit un ami musicien sur la musique polyphonique et cette vision, de musicien, me fait mieux entrer encore dans la musique. Avant elle me serrait fort, me p&#xe9;n&#xe9;trait pour m&apos;emporter. Maintenant, non seulement il y a ces effets-l&#xe0; mais une intimit&#xe9; plus t&#xe9;nue et solide &#xe0; la fois. Quelque chose proche de ce qui me vient avant les mots, quand j&apos;&#xe9;cris... Au-del&#xe0; des couleurs, des &#xe9;motions, des sensations. Une &#xe9;pure, et pour moi c&apos;est les mots, leurs tr&#xe8;s myst&#xe9;rieux nids. Musique et mots tr&#xe8;s proches, comme avant dans la trag&#xe9;die grecque. Et bien avant aussi.&lt;br /&gt;Mon petit journal secret avance. C&apos;est de la folie de n&apos;y relater que ce qui se passe dans un r&#xe9;seau tr&#xe8;s &#xe9;troit de personnes. Non seulement comme si le monde autour n&apos;existait pas mais, et c&apos;est ce qui est encore plus fou, comme si ces personnes ne vivaient que ce qui s&apos;y passe, l&#xe0;... Une &#xe9;pure, encore.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Psaumes_grecs.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 13 Jul 2005 16:49:45 GMT</pubDate></item><item><title>VERS...</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/07/06/633083.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/07/06/633083.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/633083/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/07/06/633083.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/le_rideau_de_fusuma.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-le_rideau_de_fusuma.jpg&quot; alt=&quot;le_rideau_de_fusuma&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Tatsumi Kumashiro, &lt;em&gt;Le rideau de Fusuma&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Roublev_Fillette1.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;260&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Roublev_Fillette1.jpg&quot; alt=&quot;roublev_fillette1&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Andrei Tarkovski&lt;em&gt;, Andrei Roubleev&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#003399&quot;&gt;Inutile de vouloir se retrouver tel qu&apos;on &#xe9;tait, avant. Avant une brisure. Elle est faite pour se retrouver diff&#xe9;rent. D&#xe8;s lors, que c&apos;est su, vivre cette sorte de flou, &#xe9;parpillement d&apos;&#xea;tre, en fait pr&#xe9;cision plus grande dans des tonalit&#xe9;s plus basses et plus hautes, intensit&#xe9; vive, sans plus attendre d&apos;impossibles retrouvailles avec un moi fan&#xe9;, perdu, viennent plus pures les sensations de la nouvelle modalit&#xe9; d&apos;&#xea;tre. Davantage de folie qu&apos;avant? Non, mais... inchang&#xe9;e, de ne plus c&#xf4;toyer ni se battre avec une rationalit&#xe9;, toujours chercher &#xe0; tout expliquer, r&#xe9;sidu des peurs &#xe0; mettre des pseudo-concepts sur ce qui fait jouir et effraye, elle excelle maintenant &#xe0; se d&#xe9;ployer dans sa puret&#xe9;.&lt;br /&gt;Vivre avec en soi la fragilit&#xe9;, la proximit&#xe9; du chaos et des destructions possibles, maintenant que... Est-ce que c&apos;est &#xe7;a l&apos;&#xe9;ternelle jeunesse? Son secret.&lt;br /&gt;J&apos;ai le projet d&apos;ouvrir un nouveau journal intime, tr&#xe8;s secret, sans en divulguer l&apos;adresse, adress&#xe9; seulement &#xe0; celui qui par hasard le trouverait.&lt;br /&gt;J&apos;y &#xe9;crirai diff&#xe9;remment.&lt;br /&gt;Je peux &#xe9;crire sur tous les modes qui me plaisent, ceux &#xe0; inventer. Je laisse aux autres les modes &#xe9;vent&#xe9;s, ils y excellent, eux qui se repaissent des saveurs rances. A eux le succ&#xe8;s. A moi le secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je devrais d&#xe9;velopper mes possibilit&#xe9;s m&#xe9;diumniques. Ces jours derniers se sont produites deux nouvelles &amp;quot;sensations-d&#xe9;ductions&amp;quot; par rapport &#xe0; des choses arriv&#xe9;es &#xe0; des amis qui ne m&apos;en avaient rien dit et que je n&apos;avais m&#xea;me pas vus. L&apos;une d&apos;elle fut pr&#xe9;cise, une petite maladie d&apos;un certain, mais l&apos;autre non, c&apos;est pourquoi je dis qu&apos;il faudrait travailler &#xe7;a. Parfois, comme &#xe7;a, les messages m&apos;arrivent comme si c&apos;&#xe9;tait moi qui les pensais, quand c&apos;est l&apos;autre qui le pense. J&apos;entends un &amp;quot;je&amp;quot; dans ma t&#xea;te, qui d&#xe9;veloppe une phrase, sans que cela ne corresponde &#xe0; ma personne, et j&apos;en suis &#xe9;tonn&#xe9;e. Et pour cause, c&apos;est l&apos;autre qui le pense. Devrais-je rencontrer un sorcier-instructeur?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n&apos;irai pas voir la mer tr&#xe8;s bleue mais l&apos;oc&#xe9;an bien agit&#xe9;. Et au fond des yeux de cet oc&#xe9;an d&apos;une couleur... ind&#xe9;finissable, comme mon d&#xe9;sormais v&#xe9;cu actuel non rationnalisable, je verrai le cyclone d&apos;une passion, bien verte.&lt;br /&gt;Ecrire c&apos;est prendre en bouche le phallus. De l&#xe0; &#xe0; dire que les fellations sont mon m&#xe9;tier il n&apos;y a qu&apos;un pas.&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 06 Jul 2005 15:21:48 GMT</pubDate></item><item><title>ET LA DANSE VIENT DU...</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/24/598658.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/24/598658.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/598658/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/24/598658.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/02Li1h.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;429&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-02Li1h.jpg&quot; alt=&quot;02li1h&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Fassbinder_Schygulla1.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;260&quot; height=&quot;319&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Fassbinder_Schygulla1.jpg&quot; alt=&quot;fassbinder_schygulla1&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Fassbinder_Schygulla&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#000099&quot;&gt;Un quart de si&#xe8;cle plus tard il l&apos;a retrouv&#xe9;e. Le temps n&apos;&#xe9;tait pas pass&#xe9; sur eux, ils se coulaient dans le temps, et le temps d&#xe8;s lors en eux, ne laissait pas de traces. Les traces c&apos;est ce qui est mort, pas ce qui est dedans et vivant. Il n&apos;eut pas besoin de lui dire je te veux. Et m&#xea;me les yeux n&apos;exprimaient pas l&apos;affirmation d&apos;un vouloir. Il la prit &#xe0; l&apos;angle d&apos;un obscur couloir. Debout, comme les humains, parfois.&lt;br /&gt;Je ne peux plus revenir &#xe0; moi, rentrer de nouveau dans mon corps ne peut se faire qu&apos;en changeant de corps maintenant. On a &#xe9;crit des histoires de vampires, de revenants pour se faire peur, pour que cette peur masque une peur bien plus grande encore face &#xe0; ce qui existe vraiment. Existe ma soumission. Au-del&#xe0; de l&apos;amour et de la peur j&apos;ai rencontr&#xe9; un gar&#xe7;on.&lt;br /&gt;Cent cinquante ans plus tard ils se sont aim&#xe9;s encore. Corps &#xe0; corps, cerveau &#xe0; cerveau, sexes &#xe9;chang&#xe9;s&amp;nbsp; &amp;nbsp; fondus&amp;nbsp; mouill&#xe9;s&amp;nbsp; &amp;nbsp; liqu&#xe9;fi&#xe9;s. Je n&apos;est jamais qu&apos;un peut-&#xea;tre. Je peux t&apos;&#xea;tre; je l&apos;ai &#xe9;crit quand j&apos;avais dix-sept ans sur mon paquet de Marlboro, je fumais des Camel mais ce jour-l&#xe0; c&apos;&#xe9;tait des Marlboro j&apos;en suis s&#xfb;re parce que je me vois &#xe9;crire cette phrase sur le blanc encadr&#xe9; de rouge. Et cette phrase je l&apos;ai &#xe9;crite encore l&apos;autre jour dans mon roman. Romanci&#xe8;re s&apos;est fait pendre. Sur la corde &#xe0; linge des buanderies des sales humains. Elle s&apos;en fout maintenant qu&apos;elle s&apos;est faite chair.&lt;br /&gt;Destin&#xe9;e &#xe0; revisiter les relations entre les hommes, mais Pierre Daguin m&apos;a dit justement c&apos;est parce que, &#xe9;crivain, c&apos;est l&#xe0; o&#xf9; tu excelles et ce que tu &#xe9;cris, que dans la vie tu es d&#xe9;cal&#xe9;e, et j&apos;en suis si na&#xef;ve. Fred nous a photographi&#xe9;s l&apos;autre jour regardant nos t&#xe9;l&#xe9;phones mais sur la photo on ne voit pas les t&#xe9;l&#xe9;phones et &#xe0; voir ces visages &#xe9;mus, attendris, on se demande de quoi il retourne vraiment. On ne sait jamais dans la vie vraiment de quoi on parle. Le mieux serait de se taire et de se toucher. Klossowski a comme &#xe7;a une vision tr&#xe8;s cannibalesque des mots et des &#xe2;mes, qui dit-il, ne cherchent qu&apos;&#xe0; se manger entre elles, par del&#xe0; l&apos;impossibilit&#xe9; que dressent les corps et les mots servent &#xe0; la fois &#xe0; se manger, quand on se parle, et aussi &#xe0; s&apos;en d&#xe9;fendre, s&apos;en pr&#xe9;munir. Moi je n&apos;ai pas pu l&apos;autre jour dire ma joie au chirurgien qui venait de finir son travail, alors les larmes ont coul&#xe9;. Bien s&#xfb;r, il en &#xe9;tait &#xe9;tonn&#xe9;. Quelques minutes plus tard, quand je suis revenue de mon &#xe9;vanouissement, car bien s&#xfb;r je me suis &#xe9;vanouie, il m&apos;a dit d&apos;aller manger une glace. Et Philippe B. &#xe0; qui j&apos;ai racont&#xe9; tout &#xe7;a, lui qui m&apos;a toujours appel&#xe9;e pour me suivre, &amp;quot;docteur Blondez&amp;quot;, m&apos;a fait voir par sa plaisanterie &#xe0; quel point je pouvais &#xea;tre enfantine. Et mille ans plus tard, je suis revenue sur les lieux de ma prime enfance. J&apos;ai vu alors ce que je n&apos;avais jamais vu, voulu oubli&#xe9; de toutes pi&#xe8;ces pour ne pas &#xea;tre idol&#xe2;tre, mais &#xe0; trop vouloir &#xea;tre non idol&#xe2;tre on le devient, mieux vaut donc ne pas le refouler, et j&apos;ai vu, de l&apos;or : le soleil, et de la soie chaude et trop douce pour mon palais : la terre et le ciel r&#xe9;unis, le bas comme le haut, et voil&#xe0; pourquoi je n&apos;ai pas le sens de l&apos;orientation mais celui de l&apos;espace et ce n&apos;est pas seulement parce que je suis une femme. J&apos;en ai marre qu&apos;on me bassine avec &#xe7;a chaque fois que je parle de mon absence de sens de l&apos;orientation. Le ciel et la terre r&#xe9;unis je dis. La mer. La mer qui a donn&#xe9; la musique aux humains. &lt;br /&gt;La mer, mouvement perp&#xe9;tuel. &lt;br /&gt;La musique vient de la danse et la danse vient du malheur...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 24 Jun 2005 09:35:05 GMT</pubDate></item><item><title>LA MAGICIENNE</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/09/560774.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/09/560774.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/560774/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/09/560774.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/wilde3.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;150&quot; height=&quot;184&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-wilde3.jpg&quot; alt=&quot;wilde3&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Oscar WILDE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Lee_Miller_Lib_ration_de_Dachau.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;295&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Lee_Miller_Lib_ration_de_Dachau.jpg&quot; alt=&quot;lee_miller_lib_ration_de_dachau&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Lib&#xe9;ration de Dachau. Photo: Lee Miller&lt;br /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Woof_Freund.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;360&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Woof_Freund.jpg&quot; alt=&quot;woof_freund&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Virginia&amp;nbsp; Woolf. Photo: Gis&#xe8;le Freund&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#0033cc&quot;&gt;&lt;br /&gt;Pour mon meilleur ami j&apos;ai pris des bas noirs et des porte-jarretelles, ce n&apos;est pas pour lui, j&apos;ai achet&#xe9; &#xe7;a parce qu&apos;il avait envie de les offrir &#xe0; d&apos;autres, aux autres, &#xe0; l&apos;Autre. Il ne m&apos;avait pas dit clairement qu&apos;il voulait faire &#xe7;a, l&apos;ayant laiss&#xe9; clairement entendre. Une charmante amie m&apos;a offert une anthologie de po&#xe9;sie japonaise, et cela tombe &#xe0; pic, j&apos;en avais envie. Au travers des si&#xe8;cles, et l&apos;&#xe9;criture est venue relativement tard, la po&#xe9;sie japonaise reste troublante d&apos;apparente simplicit&#xe9;. Aucune psychologie m&#xe9;taphysique ou pas, un &#xe9;lan et des troubles directs qui chavirent le coeur, comme si toute la t&#xea;te et tout le corps devenaient coeur aussi. Une sensualit&#xe9; de chaque seconde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu &#xe0; peu, je reviens &#xe0; mon travail, mon &#xe9;criture de vie... L&apos;autre jour, la violente averse sur les feuillages touffus, les pieds tremp&#xe9;s dans les sandales, avec les senteurs des &#xe9;pices, je me croyais en Asie. L&apos;angoisse au fond de moi est maintenant tapie comme une araign&#xe9;e qui attend son heure pour partir d&#xe9;finitivement. L&apos;angoisse de mort est la plus simple, l&apos;on peut dire que c&apos;est la simplicit&#xe9; m&#xea;me. Quand on est revenu du d&#xe9;sir. Angoisse et jouissance sont les deux seuls champs &#xe0; procurer le sentiment de la Certitude. La certitude est quelque chose de tr&#xe8;s difficilement supportable... L&apos;incertitude par contre du d&#xe9;sir, bien que ce soit facteur de troubles, est rassurante. Et la Princesse Awata a &#xe9;crit:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;strong&gt;J&apos;attendrai la lune&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour revenir &#xe0; la maison&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; L&apos;orange rouge&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Piqu&#xe9;e dans mes cheveux&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Sera visible &#xe0; sa lumi&#xe8;re.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous savons qu&apos;elle est morte en 764. &lt;br /&gt;Comme j&apos;aime ma solitude et ce que j&apos;&#xe9;cris! D&apos;un amour trop violent, passionnel, qui pour une fois, me paya directement de retour pour me faire tomber, exalter, dans une angoisse qui aurait pu &#xea;tre mortelle... Ono no Komachi, po&#xe9;tesse connue pour son talent, sa beaut&#xe9; et sa vie sentimentale malheureuse, a v&#xe9;cu au 9&#xe8;me si&#xe8;cle. Ce petit po&#xe8;me, et la po&#xe9;sie japonaise affectionne la forme br&#xe8;ve, est d&apos;elle:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;strong&gt;La pluie du printemps&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Tombe d&apos;abondance dans les marais&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Sans aucun bruit.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Ainsi ne sont connues de mon aim&#xe9;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Les larmes dont j&apos;inonde ma manche.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les photos de Pierre Molinier, vues avant-hier, sont en vrai toutes petites. Et frappantes. On sent le mec, qui est l&#xe0;, vivant. Ses poses ne sont pas des poses, et son masque n&apos;est pas un masque. Mais des voiles par lesquels le monde invisible se montre &#xe0; nous. Il l&apos;a p&#xe9;tri pour nous, ce monde, pour lui-m&#xea;me d&apos;abord &lt;em&gt;en m&#xea;me temps&lt;/em&gt; que pour nous, l&#xe0; est le secret de l&apos;art.... J&apos;&#xe9;cris pour ceux qui peuvent comprendre et ceux qui peuvent comprendre sont ceux qui savent qu&apos;il ne faut pas chercher &#xe0; comprendre, ils n&apos;en ont d&apos;ailleurs ni le temps ni l&apos;envie. Vivre est trop accaparant pour autre chose. Si les gens &#xe9;taient vraiment vivants, s&apos;ils s&apos;occupaient exclusivent du m&#xe9;tier de la vie, ils n&apos;auraient pas le temps de faire leurs saloperies, de faire chier le monde. Mais penser cela n&apos;est peut-&#xea;tre qu&apos;une na&#xef;vet&#xe9; de plus de ma part... Le mal mauvais est sans raison, lui chercher des raisons c&apos;est tenter de le justifier. Et si on cherche &#xe0; le justifier c&apos;est pour tenter de garder intact et pur ce qui ne peut pas l&apos;&#xea;tre. Ma haine de la haine cause chez moi cette inclination. Que maintenant je dois combattre. Ma misanthropie de toujours m&apos;y aidera. Sans venin ni crachat. Je n&apos;aime que les venins et les crachats d&apos;amour, compisser est aussi un acte d&apos;amour. Me m&#xea;ler au monde avec ma po&#xe9;sie pour seule arme.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 09 Jun 2005 09:37:04 GMT</pubDate></item><item><title>MON ENFER</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/07/555260.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/07/555260.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/555260/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/07/555260.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/molinier_visage.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;277&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-molinier_visage.jpg&quot; alt=&quot;molinier_visage&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Pierre Molinier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#0033cc&quot;&gt;C&apos;est la deuxi&#xe8;me fois que, lisant mon &#xe9;criture, au sujet de l&apos;art, quelqu&apos;un pense que je suis un homme. Cela arrive souvent, au d&#xe9;but. Fred artiste et moi &#xe9;crivain, les deux sexes, &#xe7;a se m&#xe9;lange. Et les gens pensent &#xe0; toutes les solutions (certains m&#xea;mes vont jusqu&apos;&#xe0; la transsexualit&#xe9;), sauf &#xe0; la plus simple, la plus &#xe9;vidente. Et m&#xea;me si on d&#xe9;ment, ils y croient encore; le fantasme &#xe9;tant tout-puissant. Cela prouve que la relation Fred/Frederika n&apos;est pas &#xe9;vidente, pas &#xe9;vidente dans le sens de la norme, de la convention. Mon double, mon fr&#xe8;re jumeau, moi-m&#xea;me, en m&#xea;me temps que l&apos;Alt&#xe9;rit&#xe9; absolue.&lt;br /&gt;Identit&#xe9;, coupure, peur de se perdre. La division en soi. Au fond, peut-&#xea;tre que l&apos;angoisse de la mort est aussi la figure sous laquelle se pr&#xe9;sente &#xe0; soi l&apos;irr&#xe9;ductible distance entre soi et soi.&lt;br /&gt;Mais... quand on fait l&apos;amour, cette distance entre soi et soi devient, pour un temps, absolument paradisiaque, comme si l&apos;enfer, soudain, &#xe9;tait apprivois&#xe9;.&lt;br /&gt;Je me remets tout doucement de ma blessure... Peur encore un peu.&lt;br /&gt;Cet apr&#xe8;s-midi visite de l&apos;expo Pierre Molinier. Se gu&#xe9;rir de l&apos;avanie du monde par les chamanes. L&apos;art est chamanique ou n&apos;est pas. Duchamp dit que c&apos;est le seul domaine &#xe0; faire sortir de l&apos;animalit&#xe9; parce que lui seul permet de vivre hors de l&apos;espace et hors du temps. Eh bien, chamane, c&apos;est &#xe7;a.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 07 Jun 2005 10:01:57 GMT</pubDate></item><item><title>Quand Croire c&apos;est Vivre</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/03/545396.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/03/545396.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/545396/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/06/03/545396.html</guid><description>&amp;nbsp; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Mikhailov_Untitled.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;309&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Mikhailov_Untitled.jpg&quot; alt=&quot;mikhailov_untitled&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Mikhailov, &lt;em&gt;Untitled&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#003399&quot;&gt;Maintenant
se reprendre. Reprendre le &amp;quot;maintenant&amp;quot;. Mais pourquoi? Le
&amp;quot;maintenant&amp;quot;, avait-il &#xe9;t&#xe9; quitt&#xe9;? Non. Quinze jours durant, les quinze
derniers jours, la vie n&apos;a pas &#xe9;t&#xe9; quitt&#xe9;e, je n&apos;&#xe9;tais pas hors de la
vie mais dans la vie confondue avec sa destruction. Doigts habiles de
chirurgien et t&#xea;te d&apos;humain tordue et affreuse, il m&apos;a dit: vous allez
&#xea;tre d&#xe9;figur&#xe9;e. Et voulais-je alors me tuer? Oui mais je ne savais pas
comment. Il ment, il a menti, ne pas le ha&#xef;r, de toute mani&#xe8;re la
vengeance n&apos;est-ce pas est un plat qui se mange froid. Et la froideur
il la mangera, peur blanche. Moi maintenant, nourrie par le
contre-poison de ma doctoresse, je mange des mots latins pour m&apos;en
gu&#xe9;rir. La m&#xe8;re est africaine. Elle m&#xe9;lange la force de la savane aux
mots latins, elle est mienne... Il a menti pour de l&apos;argent. Je
n&apos;arrive jamais bien &#xe0; comprendre comment on peut faire des choses pour
de l&apos;argent, cela me d&#xe9;passe compl&#xe8;tement. J&apos;y cherche toujours
d&apos;autres motifs, sadisme mal plac&#xe9;, rancoeur, ressentiment... mauvaises
pulsions. Non, a dit la doctoresse, ne cherchez pas pourquoi, c&apos;est
pour l&apos;argent. Et moi qui ne fais rien pour de l&apos;argent, &#xe9;videmment,
j&apos;ai beaucoup de mal &#xe0; comprendre. Ne plus chercher &#xe0; comprendre, voil&#xe0;
ce que j&apos;apprends, et c&apos;est bien.&lt;br /&gt;Je n&apos;oublierai pas mes amis qui
m&apos;ont soutenue chacun &#xe0; leur mani&#xe8;re, chaque mani&#xe8;re belle et compl&#xe8;te.
Et Fred qui avant-hier soir, pour arr&#xea;ter ce d&#xe9;lire&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#003399&quot;&gt; o&#xf9; le supp&#xf4;t de Mammon m&apos;avait fait entrer,&lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#003399&quot;&gt;
apr&#xe8;s des jours et des jours de sa patience envers moi infinie, a voulu
tout casser dans la maison, a jet&#xe9; en l&apos;air table et chaises,
cendriers, pots de fleurs, &#xe9;cras&#xe9; le m&#xe9;got sur le table et m&apos;a dit
qu&apos;il allait s&apos;en aller. &amp;quot;Il faut que tu aies peur de moi, plus de
toi&amp;quot;, a-t-il dit et &#xe7;a a march&#xe9;. Oui dans le fond c&apos;est de moi, plus
que moi, mon &#xea;tre qui m&apos;&#xe9;chappe et qui me fait, dont j&apos;avais peur. Peur
obsessionnelle qui m&apos;avait fait abandonner tout le reste, non pas le
reste en v&#xe9;rit&#xe9; mais ma vraie vie, et alors toutes les choses que
j&apos;aimais le plus au monde, celles qui d&apos;habitude me consolaient, me
devenaient les plus cruelles. Elles m&apos;&#xe9;taient promises comme interdites
et cela me mor-ti-fiait.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Avant, avant, j&apos;&#xe9;tais si bien... La
jouissance, pourquoi au fond est-elle si insoutenable? Plus de phobies
pour m&apos;en prot&#xe9;ger, &#xe0; deux pas de la chose-que-j&apos;ai-toujours voulue.
C&apos;&#xe9;tait bien, tu es bonne, tu es un bon &#xe9;crivain. Vivre des choses pour
&#xe9;crire et &#xe9;crire pour les vivre. Maintenant me reprendre. Avec en moi
cet &#xe9;tat-limite, d&apos;&#xea;tre &#xe0; deux pas de &lt;em&gt;la chose-que-j&apos;ai-toujours voulue&lt;/em&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mesurez
combien les mots peuvent faire mal. Ils ont un impact comme un coup
physique &#xe9;norme balanc&#xe9; sur votre t&#xea;te. Et pour s&apos;en gu&#xe9;rir, il faut du
temps, m&#xea;me avec les meilleurs soins. C&apos;est comme une blessure
physique. Il faut alors d&apos;autres mots, contre-poison, pour an&#xe9;antir
l&apos;effet des mots qui ont bless&#xe9;. Ne perdez jamais de vue combien les
mots vous font et vous blessent. &lt;br /&gt;J&apos;aime les mots pourtant de
passion et c&apos;est par la bouche et ma bouche qu&apos;on a voulu blesser. Je
ne hais pas. J&apos;&#xe9;cris. &amp;quot;Chez les m&#xe9;decins, il y a deux camps, m&apos;a dit ma
doctoresse. Ceux qui soignent et ceux qui par tous les moyens veulent
gagner le plus d&apos;argent possible. Nous avons eu avec &#xe7;a une grande
le&#xe7;on de moralit&#xe9;.&amp;quot; &lt;br /&gt;Est-ce que l&apos;argent ne serait pas ce qui leur
sert de signifiant du signifiant? Puisque c&apos;est soi-disant la
mat&#xe9;rialit&#xe9;, le cash, ce qu&apos;on touche d&apos;intangible, ce qui ordonne le
monde, et la destruction du monde, a dit Lacan, sera programm&#xe9;e par la
soumission int&#xe9;grale au signifiant. Le signifiant d&#xe9;veloppe sa propre
structure, &#xe0; la mort.&lt;br /&gt;Peut-&#xea;tre, peut-&#xea;tre, que je n&apos;arriverai
jamais &#xe0; comprendre comment on peut faire des choses, et mauvaises,
pour de l&apos;argent parce que moi-m&#xea;me je suis dans le champ des mots, du
signifiant, que j&apos;en connais, pour les subir, les effets pervers et
n&#xe9;fastes. La duret&#xe9; inhumaine d&apos;une certaine, implacable logique, qu&apos;il
faut savoir an&#xe9;antir. &lt;br /&gt;On ne me faisait jamais toucher l&apos;argent,
mon p&#xe8;re me disait, c&apos;est tr&#xe8;s sale, &#xe7;a n&apos;arr&#xea;te pas de circuler de
main en main. Ne touche pas &#xe0; &#xe7;a, ma fille. Et lui s&apos;en chargeait pour
moi... Les kabbalistes et autres..., de n&apos;avoir pas sacrifi&#xe9; &#xe0; l&apos;idole,
n&apos;ont pas s&#xe9;par&#xe9; la mati&#xe8;re et l&apos;esprit, l&apos;argent d&#xe8;s lors ne peut &#xea;tre
une mat&#xe9;rialit&#xe9; intangible, il est frapp&#xe9; d&apos;invisible et de divin.
C&apos;est ce qui sauve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois aux forces de la nature, aux puissances du ciel et de la terre.&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 03 Jun 2005 10:28:00 GMT</pubDate></item><item><title>TAKASHI MIIKE</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/05/14/500227.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/05/14/500227.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/500227/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/05/14/500227.html</guid><description>&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/miike.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;377&quot; height=&quot;370&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;miike&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-miike.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Takashi Miike&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Gozu.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;316&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;gozu&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Gozu.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/andelicek.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;236&quot; height=&quot;347&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;andelicek&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-andelicek.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Andelicek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/miike_large.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;417&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;miike_large&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-miike_large.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Takashi Miike&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#003399&quot;&gt;Dans le roman, le saut temporel s&apos;est r&#xe9;alis&#xe9;. Un casse-t&#xea;te v&#xe9;cu
tr&#xe8;s agr&#xe9;ablement, j&apos;y &#xe9;tais si bien plong&#xe9;e, rien pour m&apos;en distraire
(ce qui me semblait jusqu&apos;alors comme du repos par rapport &#xe0; mon
travail n&apos;en devenait plus que distraction et facteur de troubles en
fait). Le glissement des temps se fait en douceur, imperceptiblement,
les actions se poursuivent, se dissolvent dans les diff&#xe9;rentes strates
du temps. Le temps asiatique, c&apos;est mon mode. Ni lin&#xe9;aire ni
circulaire. L&apos;introduction du troisi&#xe8;me personnage est r&#xe9;alis&#xe9;e avec
bonheur. J&apos;y suis revenue maintes et maintes fois, la structure du
temps, le troisi&#xe8;me personnage, et si bien concentr&#xe9;e que maintenant je
d&#xe9;sire vivre dans mon roman! Il pleut, j&apos;&#xe9;cris, au cou mon nouveau
pendentif en trois parties, les trois formes math&#xe9;matiques primordiales
avec des pierres que je n&apos;avais encore jamais port&#xe9;es et que je ne
connaissais m&#xea;me pas. &lt;br /&gt;Les f&#xea;tes et mes amis vus ces jours-ci, loin
de me d&#xe9;concentrer de l&apos;&#xe9;criture, m&apos;y remettent encore plus
profond&#xe9;ment chaque jour. Loin du virtuel, dans le r&#xe9;el. Ce qui remet &#xe0;
sa juste place la dimension du R&#xea;ve. R&#xea;ve restant dans la sph&#xe8;re-R&#xea;ve,
qui ne s&apos;ab&#xe2;tardit pas &#xe0; mi-chemin en passant par la virtualit&#xe9;
(imaginaire, fausset&#xe9; au sens lacanien), il se noue &#xe9;troitement,
intimement, d&#xe9;licieusement, orgasmatiquement au Symbolique et au R&#xe9;el.
Le trio nodal s&apos;accomplit &#xe0; chaque seconde, dans le cours de la
transformation. On ne veut rien saisir, rien prendre, ni crainte ni
espoir, tout est d&#xe9;j&#xe0; en train de se passer... &lt;br /&gt;Jeudi 5,
retrouvailles avec Manu chez lui, grand plaisir de le revoir, de parler
aussi de pr&#xe9;histoire dont il est sp&#xe9;cialiste. Il m&apos;a tr&#xe8;s gentiment
pr&#xea;t&#xe9; un livre sur la naissance de l&apos;art au pal&#xe9;olithique que je viens
de finir. &lt;br /&gt;Jeudi 12 chez mes d&#xe9;licieux amis br&#xe9;siliens, Beatriz et
Guilherme, j&apos;ai rencontr&#xe9; (c&apos;&#xe9;tait le but de cette soir&#xe9;e) un lecteur
br&#xe9;silien, aimant, de &lt;em&gt;Virginit&#xe9;&lt;/em&gt;, traducteur; c&apos;est son ami
Guilherme qui lui avait transmis le livre, pensant &#xe0; juste titre qu&apos;il
allait l&apos;aimer. Il a le d&#xe9;sir de le traduire. Quelle &#xe9;trange,
passionnante chose que de rencontrer un lecteur de si loin, Leonardo.
Et si vivant et anim&#xe9;. Et d&#xe8;s le d&#xe9;but, les pendules furent par lui
remises &#xe0; l&apos;heure, car il m&apos;a dit qu&apos;il &#xe9;tait toujours difficile de
parler d&apos;un livre qu&apos;on a aim&#xe9; &#xe0; son auteur, de crainte de tomber &#xe0;
c&#xf4;t&#xe9;. De crainte que ce qu&apos;on a trouv&#xe9; formidable, disant pourquoi,
l&apos;auteur ne vous r&#xe9;ponde : mais non mon vieux, ce n&apos;est pas &#xe7;a du tout.
De crainte aussi de voir tomber la magie de l&apos;impression de lecture.
C&apos;est la premi&#xe8;re fois qu&apos;un lecteur me dit cela, les autres inventent
toujours mille pr&#xe9;textes. Et moi d&apos;embl&#xe9;e j&apos;aime cette franchise et
cette clart&#xe9;. Bien s&#xfb;r aussi le lecteur ne veut pas se d&#xe9;voiler
lui-m&#xea;me, car dans sa lecture, il se montre lui. Moi ce que j&apos;ai vu en
lui, c&apos;est sa bonne compr&#xe9;hension du livre, y voyant l&apos;importance de sa
structure, le d&#xe9;ploiement quasi-math&#xe9;matique d&apos;une logique (et c&apos;est
vrai que la construction de ce livre fut un v&#xe9;ritable casse-t&#xea;te, ne
pas s&apos;enfermer dans la logique surtout fut bien difficile). Et son
d&#xe9;sir aussi de vivre en somme, pour une part, ce que vivent les
personnages du livre. Ce monde &#xe0; part o&#xf9; ils sont, &#xe0; la fin du livre,
comme l&apos;a point&#xe9; Guilherme en parlant dans le livre de son passage
pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9;, quand on voit qu&apos;existe aussi parall&#xe8;lement le monde
ext&#xe9;rieur, normal, on se dit qu&apos;alors on peut aussi s&apos;en extraire,
vivre comme eux, cela met de la r&#xe9;alit&#xe9;... Et nous avons bu, bu,
l&apos;alcool br&#xe9;silien, quarante-cinq degr&#xe9;s qui passent et enivrent bien,
apport&#xe9; de Brasilia par Leonardo. &lt;br /&gt;Vendredi 13, si bonne
apr&#xe8;s-midi avec Pierre et Marketa, on peut parler de tout, les strates
s&#xe9;rieuses et frivoles se chevauchent, se m&#xea;lent avec bonheur. &lt;br /&gt;J&apos;ai
rendu &#xe0; Pierre les quatre carnets de ses po&#xe8;mes qu&apos;il m&apos;avait pass&#xe9;s
pour que je les lise. Une sorte de journal sentimental qu&apos;il tient
depuis des ann&#xe9;es. J&apos;aime beaucoup beaucoup ses po&#xe8;mes. Les artistes
peuvent tout faire, c&apos;est charmant! Seule petite ombre au tableau,
jeudi aussi bien qu&apos;hier, la petite maladie de mon nounours en forme de
coeur (F.).&lt;br /&gt;Parl&#xe9; aussi au t&#xe9;l&#xe9;phone avec mon ami Philippe B., pas eu le temps encore de se voir, besoin d&apos;entendre sa voix, pour &#xe9;crire... &lt;br /&gt;Dimanche
8, r&#xe9;alisation du site de Dorine Muraille (qu&apos;il faut encore peaufiner
et bient&#xf4;t en ligne). Surprise &#xe0; mon r&#xe9;veil de la sieste, suite &#xe0; la
veille avec lui, ce fut fait en quelque deux ou trois heures, la
communication entre lui et Fred passant impeccablement. Pour le site,
il a pioch&#xe9; deux images que Fred venait de faire comme &#xe7;a. C&apos;est
marrant... J&apos;ai envie de faire avec Pierre et Marketa une &amp;quot;soir&#xe9;e
asiatique&amp;quot;. Quand j&apos;ai dit &#xe7;a hier, Pierre et Fred ont eu le m&#xea;me
silence et la m&#xea;me expression perplexe, comme si cela les plongeait
dans une s&#xe9;rie fantasmatique, quel rire! Je travaille maintenant avec &#xe0;
l&apos;esprit bon nombre de films japonais, chinois, cor&#xe9;ens... &lt;br /&gt;Et
surtout les quelques que j&apos;ai vus de Takashi Miike que j&apos;adore, c&apos;est le
plus grand! (Et lui-m&#xea;me bien s&#xfb;r est fort beau de sa personne, tr&#xe8;s
magn&#xe9;tique, ah! comme il me pla&#xee;t!) &lt;em&gt;Gozu &lt;/em&gt;est un film sur le
trio magnifique, mais seuls ceux qui savent d&#xe9;j&#xe0;... peuvent comprendre.
Je voudrais entreprendre une &#xe9;tude sur Takashi Miike. Mais soit je le
fais simplement soit je la fais seulement de mani&#xe8;re plut&#xf4;t
inconsciente, ne l&apos;inscrivant pas noir sur blanc, l&apos;englobant dans la
fabrication de mon roman, comme je le fais pour ce que je vis
actuellement de fort.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/miike.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;u&gt;&amp;nbsp;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 14 May 2005 09:38:00 GMT</pubDate></item><item><title>EX NIHILO</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/25/459858.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/25/459858.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/459858/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/25/459858.html</guid><description> &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Picasso_Suite_347_L19_.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;396&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;picasso_suite_347_l19_&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Picasso_Suite_347_L19_.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Pablo Picasso, Suite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Peter_Senoner_stitch2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;241&quot; height=&quot;425&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;peter_senoner_stitch2&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Peter_Senoner_stitch2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Peter Senoner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Bernini_L_extase_de_Sainte_Th_r_se.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;300&quot; height=&quot;395&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;bernini_l_extase_de_sainte_th_r_se&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Bernini_L_extase_de_Sainte_Th_r_se.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Bernini, &lt;em&gt;L&apos;extase de Sainte Th&#xe9;r&#xe8;se&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Bernin_Autoportrait.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;292&quot; height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;bernin_autoportrait&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Bernin_Autoportrait.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Bernini, &lt;em&gt;Autoportrait&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#0000cc&quot;&gt;&amp;quot;Pourquoi la r&#xe9;p&#xe9;tition de l&apos;&#xe9;chec?&lt;br /&gt;-
Si tu vois &#xe7;a comme &#xe7;a, il faut alors que tu voies aussi que jusqu&apos;&#xe0; un
certain point cela r&#xe9;ussit toujours. Il y a donc aussi la r&#xe9;p&#xe9;tition de
la r&#xe9;ussite.&lt;br /&gt;-Oui mais seulement jusqu&apos;&#xe0; un certain point...&lt;br /&gt;- C&apos;est qu&apos;il y a une limite.&lt;br /&gt;- Tu ne veux pas la d&#xe9;passer? Qu&apos;est-ce que tu d&#xe9;sires? Tu le veux ou pas?&lt;br /&gt;-Peut-&#xea;tre, je ne sais pas. Peut-&#xea;tre que comme &#xe7;a, &#xe7;a me convient. Que m&#xea;me si je suis un peu d&#xe9;&#xe7;u, &#xe7;a me convient quand m&#xea;me.&lt;br /&gt;-Ah bon? C&apos;est &#xe7;a que tu veux alors?&lt;br /&gt;-Non. Il faudrait avoir des challenges nouveaux.&lt;br /&gt;-Certains
le veulent pour de mauvaises raisons, par impuissance et faiblesse.
Alors que nous c&apos;est pour le contraire, c&apos;est par exc&#xe8;s. Eux, c&apos;est
leur faiblesse qui les rend courageux. D&#xe8;s le d&#xe9;but ils savent que de
toutes fa&#xe7;ons ils n&apos;iront pas jusqu&apos;au bout. Tandis que les autres
n&apos;ont pas cette ouverture, parce qu&apos;ils n&apos;ont pas la faiblesse...&lt;br /&gt;-Oui. Et l&#xe0;, c&apos;est le nouveau qui a chass&#xe9; l&apos;ancien.&lt;br /&gt;- Oui, c&apos;est &#xe7;a! Fantastique!&amp;quot;&lt;br /&gt;La
conversation de ce midi a chass&#xe9; ma tristesse. Dans laquelle je ne peux
pas &#xe9;crire (ni vivre). Lueur d&apos;espoir: je vais pouvoir de nouveau me
remettre &#xe0; travailler, mais pas encore. &lt;br /&gt;Mais je me sens encore souill&#xe9;e.&lt;br /&gt;Non
par la fin de quelque chose, fin souhait&#xe9;e et faite par moi, non par
l&apos;impression de la r&#xe9;p&#xe9;tition, fausse impression vite balay&#xe9;e par ce
que m&apos;en a dit Fred, mais par ma porosit&#xe9; naturelle &#xe0; un autre, sa
faiblesse, ses pr&#xe9;occupations d&#xe9;plaisantes que j&apos;ai malgr&#xe9; moi
absorb&#xe9;es et qui m&apos;indisposent. Qui me d&#xe9;centrent par rapport &#xe0; mon
roman dans lequel jusqu&apos;alors j&apos;&#xe9;tais si bien immerg&#xe9;e par le contact
de vivants dynamiques et sexuels.&lt;br /&gt;Le miroir veut coller les
morceaux. Il est l&#xe2;che et vain. Il est aux antipodes du sexuel. Sexuel
vient de la coupure. Non pas coller. Non pas diffracter pour autant.
Au-del&#xe0; de l&apos;adh&#xe9;rance et de l&apos;&#xe9;loignement, de la question des limites.
Je hais le miroir. J&apos;aime le sexuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens d&apos;&#xe9;crire ceci sur
mon calepin en &#xe9;coutant chanter une bonne chanteuse accompagn&#xe9;e par les
grandes orgues &#xe0; l&apos;&#xe9;glise Saint-Etienne-des-monts. Pendant ce temps,
Fred fait des photos avec son nouvel appareil. Elle chante encore. Je
pleure de joie. Fred s&apos;est rapproch&#xe9;. Il r&#xe8;gle l&apos;appareil. Tout &#xe0;
l&apos;heure, nu devant moi pour se photographier, son sexe devant moi
assise, je n&apos;ai pas pu m&apos;emp&#xea;cher de l&apos;embrasser.&lt;br /&gt;L&apos;image de l&apos;art est le chemin du sexuel.&lt;br /&gt;Les
deux derni&#xe8;res r&#xe9;gressions coup sur coup (sans nul doute n&#xe9;cessaires)
ont imm&#xe9;diatement &#xe9;t&#xe9; suivies par des rendez-vous, salutaires, avec
Pierre.&lt;br /&gt;Pourquoi la r&#xe9;gression en plein &#xe9;lan? Pour se replonger une
derni&#xe8;re fois pour leur dire adieu, adieu au bien, &#xe0; la demande, au
plaisir.&lt;br /&gt;Le plaisir, c&apos;est pour les chiens.&lt;br /&gt;Chienne, je voudrais encore de la jouissance.&lt;br /&gt;Et ce ne sont ni les faibles ni les chiens qui font jouir les Chiennes.&lt;br /&gt;Les anges &#xe0; canines de vampires,&lt;br /&gt;Les loups &#xe0; sourires d&apos;innocence comme celui de Fred&lt;br /&gt;Sont ceux qui font jouir les Chiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bague &#xe0; mon pouce depuis hier signalera mes lieu et date de capture et pourra dire la trace de mes voyages, de mes errances.&lt;br /&gt;Et maintenant suis purifi&#xe9;e.&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 25 Apr 2005 15:58:00 GMT</pubDate></item><item><title>CHEMIN DE L&apos;IMMOR...</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/14/436937.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/14/436937.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/436937/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/14/436937.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/1933_Autoportrait2.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;359&quot; height=&quot;400&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-1933_Autoportrait2.jpg&quot; alt=&quot;1933_autoportrait2&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Kasimir Malevitch, &lt;em&gt;Autoportait&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Caravage_Le_concert1.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;345&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Caravage_Le_concert1.jpg&quot; alt=&quot;caravage_le_concert1&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Caravage, &lt;em&gt;Le concert&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Lili.Brik1924.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;380&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Lili.Brik1924.jpg&quot; alt=&quot;lili.brik1924&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Aleksander Rodchenko&lt;em&gt;, Lili Brik&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot; color=&quot;#0033cc&quot;&gt;Sur le chemin de&amp;nbsp; mon immoralit&#xe9;, tout est fluide, sans retenue superflue. Serein. Les plus forts tourbillons m&#xea;mes paraissent calmes. Quand tout le temps peut se jouir, il n&apos;y a plus &#xe0; quoi comparer, c&apos;est pourquoi il prend cette teinte de douceur qui aide alors &#xe0; bien se briser. Bien-&#xea;tre! C&apos;est ainsi que pour tout le monde maintenant pourra se vivre l&apos;immoralit&#xe9;. Avec des partenaires passionn&#xe9;s, pour lequel tout est fluide, rien n&apos;engendre la peur, aucun temps mort n&apos;existe. &lt;br /&gt;Il n&apos;y a aucune lutte &#xe0; mener, aucune inhibition &#xe0; vaincre. &lt;br /&gt;Ayant d&#xe9;pass&#xe9;&amp;nbsp; le r&#xe8;gne du perdre et du gagner. Ce n&apos;est pas du jeu. &lt;br /&gt;Le jeu se voit dans un panorama o&#xf9; des champs sont distincts: le travail d&apos;un c&#xf4;t&#xe9;, le hors-travail de l&apos;autre. Le chemin de l&apos;immoralit&#xe9; ne se trace pas dans ce panorama. &lt;br /&gt;Tout est travail parce que rien ne l&apos;est. Et cela aussi parce qu&apos;il n&apos;y a pas de temps mort. &lt;br /&gt;Le seul moment peut-&#xea;tre o&#xf9; je me repose maintenant c&apos;est quand je dors. Et encore! Puisque l&#xe0; se dessinent la clart&#xe9; des r&#xea;ves. La veille, je les vis et le sommeil je les vois. Et quand momentan&#xe9;ment s&apos;interrompt le moment du d&#xe9;lice de la f&#xea;te, j&apos;ai l&apos;impression, devant tant de calme, de passion, de fluidit&#xe9;, que c&apos;&#xe9;tait comme un r&#xea;ve. Alors je m&apos;endors pour me reposer de ce r&#xea;ve tr&#xe8;s fort de la veille. &lt;br /&gt;La tr&#xe8;s dense actualit&#xe9;, elle seule, m&#xe8;ne la danse. Pas de grand Autre, pas de mod&#xe8;le &#xe0; quoi se r&#xe9;f&#xe9;rer. &lt;br /&gt;Cinq jours apr&#xe8;s la mort de mon p&#xe8;re, moi dans la mer, il &#xe9;tait devenu l&apos;eau de la M&#xe9;diterrann&#xe9;e. C&apos;&#xe9;tait tellement bon... Maintenant pas de juge ni t&#xe9;moin devant qui r&#xe9;pondre &#xe0; l&apos;appel. Appel et &#xe9;coute sont m&#xea;mes. Le mod&#xe8;le a fondu. &lt;br /&gt;Nous ne voulons m&#xea;me pas &#xea;tre un mod&#xe8;le. Seul surgit l&apos;acte. C&apos;est lui qui nous fait. D&#xe8;s lors plus j&apos;en fais et plus je suis repos&#xe9;e et calme, presque sans voir que le mal me brise. Brise la carapace. La tortue dessous n&apos;est pas nue. Mieux que &#xe7;a, elle est devenue acte. &lt;br /&gt;Plus d&apos;acteurs ni d&apos;actrices. Si le monde a voulu &#xea;tre un th&#xe9;&#xe2;tre, le rire et la fougue et les pleurs de la jouissance l&apos;ont d&#xe9;finitivement d&#xe9;truit. Bien fait pour lui, gniark gniark.&lt;br /&gt;Chemin de l&apos;immoralit&#xe9;, de l&apos;immortalit&#xe9;, de la mort de l&apos;amor. L&apos;amour je lui crache dessus. Il meurt par d&#xe9;finition d&#xe8;s qu&apos;il na&#xee;t. Je lui pr&#xe9;f&#xe8;re ce qui n&apos;a pas de fin pour n&apos;avoir pas m&#xea;me de commencement: la passion. Que je n&apos;ai pas choisie puisque je suis comme &#xe7;a. Sans limites la Passion qui m&apos;engendre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 14 Apr 2005 11:13:38 GMT</pubDate></item><item><title>LE TEMPS EST UNE PUTAIN</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/07/422214.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/07/422214.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/422214/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/07/422214.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/geichitre_2_copie.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;399&quot; height=&quot;300&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-geichitre_2_copie.jpg&quot; alt=&quot;geichitre_2_copie&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;http://tokyolovedoll.free.fr/default.htm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif;color: #0033cc;&quot;&gt;Je m&#xe8;ne une double vie qui me rassemble. Maintenant, plus je suis dans l&apos;une et mieux je suis dans l&apos;autre. Pourquoi passe-t-on d&apos;objet de d&#xe9;sir en objet de d&#xe9;sir? Parce que chacun n&apos;est que le miroir id&#xe9;alis&#xe9; de soi. Ce qui cr&#xe9;e un d&#xe9;doublement vain, un arrachement r&#xe9;gressif. Maintenant que j&apos;ai bris&#xe9; ce miroir, ici m&#xea;me depuis le 7 f&#xe9;vrier, jour de mon anniversaire o&#xf9; j&apos;ai planifi&#xe9; le constat froid, br&#xfb;lant, avec mon rejet de l&apos;Ange extr&#xea;me (retour &#xe0; l&apos;inanim&#xe9;, refus de la forme, et donc aussi de la pure destruction), en m&#xea;me temps que j&apos;accepte ce glissement toujours possible d&apos;objet en objet, j&apos;entre dans le coeur de cette probl&#xe9;matique. Pulv&#xe9;risant tout attachement &#xe0; un quelconque objet, j&apos;op&#xe8;re une distance effective envers ce que je vis, ce qui donne une l&#xe9;g&#xe8;ret&#xe9;, une non-adh&#xe9;rence, non pas au v&#xe9;cu, mais purement et simplement &#xe0; l&apos;effet-miroir. Passant outre donc ce vain d&#xe9;doublement, marquant une adh&#xe9;rence vive au Vide, c&apos;est-&#xe0;-dire &#xe0; l&apos;&#xe9;coulement pr&#xe9;sent, de l&apos;eau du temps, le fil de ma vie des jours et le fil de ma vie d&apos;&#xe9;criture se rassemblent parfaitement.&lt;br /&gt;Je n&apos;attends rien de personne. Et surtout pas de ceux avec qui la communication est difficile, retard&#xe9;e. La difficult&#xe9; n&apos;est pas de r&#xe8;gle dans la vraie communication au-del&#xe0; du miroir. Comme je le constate maintenant avec mes amis, nouveaux, anciens, les plus proches. Et ceux-l&#xe0;, les plus anciens sont toujours nouveaux, inconnus, &#xe0; d&#xe9;couvrir et les plus nouveaux me sont dans la m&#xea;me confiance que les anciens. Le temps est une putain. Tout s&apos;y m&#xea;le. C&apos;est la base de la vraie vie.&lt;br /&gt;Au palliatif de la m&#xe8;re, et ceux qui s&apos;en sentent le plus loin en sont les plus d&#xe9;pendants souvent, &#xe0; la recherche de la fusion qui va avec, j&apos;oppose la cr&#xe9;ation de la situation prostitutionnelle, la seule en ce monde &#xe0; &#xe9;laborer le sc&#xe9;nario, toujours multiple, par lequel deux, ou trois, &#xea;tres s&apos;interp&#xe9;n&#xe8;trent. La douleur physique, l&apos;humiliation, la peur du crime que tu m&apos;infliges, et t&apos;infliges par l&#xe0; aussi &#xe0; toi-m&#xea;me, sont les vecteurs de la structure de l&apos;interp&#xe9;n&#xe9;tration, communication.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 07 Apr 2005 12:31:29 GMT</pubDate></item><item><title>TRAVAILLER C&apos;EST JOUIR</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/01/410374.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/01/410374.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/410374/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/04/01/410374.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/klein_foto_anthropom.blau.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;325&quot; height=&quot;418&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-klein_foto_anthropom.blau.jpg&quot; alt=&quot;klein_foto_anthropom.blau&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Yves Klein, &lt;em&gt;Anthropom&#xe9;trie&lt;/em&gt;, 1960&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/Klein_Symphonie.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;437&quot; height=&quot;350&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-Klein_Symphonie.jpg&quot; alt=&quot;klein_symphonie&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Yves Klein, &lt;em&gt;Symphonie, Anthropom&#xe9;trie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, arial, helvetica, sans-serif;color: #003399;&quot;&gt;La premi&#xe8;re fois qu&apos;il est venu chez moi, au moment o&#xf9; il parlait d&apos;un certain &#xe9;crivain qui compte pour moi &#xe9;norm&#xe9;ment, j&apos;ai eu le sentiment, vif, &#xe9;vident, que l&apos;important dans ma vie ne r&#xe9;sidait pas &#xe0; me triturer sur les relations que j&apos;avais avec les gens, mais &#xe0; la vie m&#xea;me, la vie seule de ma pens&#xe9;e. De mon travail. Faire qu&apos;il soit le meilleur : mon seul but &#xe0; ne jamais perdre de vue. Cela, je le pense toujours &#xe9;videmment, mais parfois le sentiment de cette pens&#xe9;e se retire un peu, dans ma conscience, derri&#xe8;re d&apos;autres &#xe9;l&#xe9;ments qui, de toutes fa&#xe7;ons, ne sont l&#xe0; que pour servir ce but. Or, ce soir-l&#xe0;, par son visage, ses propos, en somme tout ce qu&apos;il est, cette pens&#xe9;e a repris les devants de ma Sc&#xe8;ne. Et un sentiment unique de Joie, depuis lors, ne me quitte pas.&lt;br /&gt;Il y a certaines choses qui, si je ne les perdais jamais de vue aussi, m&apos;aideraient beaucoup. Ce que je fais en ce moment. De mani&#xe8;re tr&#xe8;s simple puisque j&apos;ai l&apos;esprit bien clair, vu que j&apos;&#xe9;cris mon roman. C&apos;est : que la vie est r&#xe9;gie par le principe de l&apos;impermanence, que tout change tout le temps, qu&apos;il ne faut se fixer sur rien de stable et que c&apos;est l&#xe0; le seul moyen de ne pas justement se perdre de vue soi-m&#xea;me, et de suivre son seul D&#xe9;sir. C&apos;est : que la solution d&apos;un probl&#xe8;me est &#xe0; chercher dans la dissolution de ce probl&#xe8;me, de le voir autrement. Rien n&apos;est donc &#xe9;chec, impasse. C&apos;est cette d&#xe9;couverte, non au niveau de la connaissance, mais d&#xe9;couverte parce qu&apos;actuellement je la vis autour de moi, entourage proche : si tu veux comprendre comment ceux avec qui tu veux avoir des relations vont se comporter &#xe0; ton &#xe9;gard, regarde simplement comment ils se comportent vis-&#xe0;-vis de leur propre Travail. Et l&#xe0;, tu sauras... L&#xe0;, aucune peine, tout s&apos;&#xe9;claircit. On ne subit plus rien de la part des autres.&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 01 Apr 2005 10:39:56 GMT</pubDate></item><item><title>LES ILES</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/03/27/400485.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/03/27/400485.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/400485/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/03/27/400485.html</guid><description>&amp;nbsp; &lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/ilse_bing_gold_lame_shoes_for_harpers_bazaar_19352.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;347&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;ilse_bing_gold_lame_shoes_for_harpers_bazaar_19352&quot; src=&quot;http://frederika.canalblog.com/images/t-ilse_bing_gold_lame_shoes_for_harpers_bazaar_19352.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ilse Bing, &lt;em&gt;Gold lame shooes for harpers bazaar&lt;/em&gt;, 1935&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;color: #000099;&quot;&gt;Ce que je vis actuellement, je n&apos;ai pas envie de le relater; j&apos;ai envie de le laisser comme &#xe7;a... en n&#xe9;buleuses. Si je le mets en mots, cela va lui donner un cadre, forc&#xe9;ment, une certaine couleur, et donc aussi une intentionalit&#xe9;, malgr&#xe9; moi, intention induite par la forme. Et ce que je vis actuellement me pla&#xee;t trop, et de cette nouvelle mani&#xe8;re, nouvelle moi-m&#xea;me qui ne veux plus comprendre, pour que je puisse l&apos;ab&#xee;mer. Le mettre en ab&#xee;me par l&apos;&#xe9;criture, non, je ne veux pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moment o&#xf9; je me mets &#xe0; vivre cette pens&#xe9;e de Wittgenstein, que face &#xe0; un probl&#xe8;me, ce qu&apos;il faut c&apos;est regarder les choses de telle mani&#xe8;re que le probl&#xe8;me dispara&#xee;t et qu&apos;il n&apos;y a donc pas &#xe0; chercher de solution, (avec en arri&#xe8;re-fond ce que dit aussi Wittgenstein c&apos;est que, quand il vous survient un &#xe9;v&#xe9;nement que vous avez d&#xe9;sir&#xe9;, ce n&apos;est pas ce que vous avez fait qui l&apos;a provoqu&#xe9; puisqu&apos;on n&apos;a aucune prise sur le monde; pens&#xe9;e que je trouve fort lib&#xe9;ratrice), &#xe0; ce moment m&#xea;me les choses s&apos;aplanissent, glissent par elles-m&#xea;mes, favorablement, correspondant &#xe0; mon d&#xe9;sir sans que j&apos;y sois pour rien. Et &#xe7;a me r&#xe9;gale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C&apos;est avant-hier que j&apos;ai termin&#xe9; d&apos;&#xe9;crire ce passage du livre tellement difficile. Je ne l&apos;ai pas l&#xe2;ch&#xe9; tant que je n&apos;aie pas obtenu le flottement et en m&#xea;me temps la pr&#xe9;cision que je voulais. Et j&apos;y ai appris des choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marketa l&apos;autre soir m&apos;a envoy&#xe9; la photo de Isle Bing, les chaussures, j&apos;y vois un signe que ces chaussures pour arpenter l&apos;ailleurs, je les ai trouv&#xe9;es. Je ne sais pas si Marketa avait lu mon Journal o&#xf9; j&apos;en parle, quoi qu&apos;il en soit cela prouve aussi que les humains sont reli&#xe9;s. Et cet envoi me touche pour &#xe7;a, et parce que cette photo me trouble beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pulsion de mort, je peux maintenant vraiment entendre ce qu&apos;elle est. Non pas le besoin du retour &#xe0; l&apos;inanim&#xe9;, l&apos;inorganique, le retour &#xe0; cet &#xe9;tat ant&#xe9;rieur d&apos;avant la naissance, maternel, absolu. Mais le d&#xe9;sir de la destruction pure pour pouvoir, &#xe0; partir de rien, tout recommencer. Quelque chose tendu vers l&apos;ailleurs. Voil&#xe0; le vrai p&#xf4;le de l&apos;intensit&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas, de toute fa&#xe7;on, relater ce que je vis actuellement. Parce que cela r&#xe9;pond&amp;nbsp; exactement &#xe0; mon d&#xe9;sir mais d&apos;une mani&#xe8;re inattendue, avec des modalit&#xe9;s auxquelles je n&apos;avais pas pens&#xe9;es et m&#xea;me qui, en apparence, ne correspondent pas &#xe0; mon d&#xe9;sir, au point de ne plus vouloir savoir de quelle nature il est, dans la d&#xe9;termination, qui a la l&#xe9;g&#xe8;ret&#xe9; de l&apos;&#xe9;vidence, de vivre dans l&apos;ind&#xe9;termination du hors-les-mots.&lt;br /&gt;Et donc aussi, si je n&apos;ai nulle envie d&apos;en parler, de l&apos;&#xe9;crire dans le journal, c&apos;est que cette correspondance &#xe9;trange faite &#xe0; la fois de reconnaissance et de non-reconnaissance co&#xef;ncide exactement avec ce que j&apos;ai commenc&#xe9; &#xe0; &#xe9;crire dans le roman, noeud du livre. La vie des jours et la vie de l&apos;&#xe9;criture ont fusionn&#xe9;.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</description><pubDate>Sun, 27 Mar 2005 10:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>FAIRE DE MA VIE LE DESERT VITAL</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/27/346030.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/27/346030.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/346030/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/27/346030.html</guid><description>&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/alila3.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
Amos Gita&#xef;, &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Alila&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/ALILA._Guitaipg.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
&lt;/span&gt;Amos Gita&#xef;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;, Alila&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Alila2.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
&lt;/span&gt;Amos Gita&#xef;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;, Alila&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/ALILA.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
&lt;/span&gt;Amos Gita&#xef;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;, Alila&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;/span&gt;&lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Je
voudrais acc&#xe9;der &#xe0;, ECRIRE, la supr&#xea;me violence. Celle par laquelle,
t&apos;appartenant, je vois. Que je deviens toi me devenant. Par-del&#xe0; les
images. Qui soutiennent et conduisent. Dans le noeud de formation des
images. Les tr&#xe9;pieds des m&#xe8;res de &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Faust &lt;/span&gt;de
Goethe, peut-&#xea;tre. Mais encore au-del&#xe0;. Au-del&#xe0; du paganisme qui
appelle et s&apos;enchante et jouit de la succession infinie de la perte et
du retour. Je voudrais acc&#xe9;der &#xe0;, ECRIRE, cette perte sans retour. Le
supr&#xea;me commencement. Le neuf radical. &lt;br&gt;
C&apos;est le troisi&#xe8;me jour que j&apos;essaye. Je n&apos;y arrive pas. Pendant deux
jours, j&apos;ai sombr&#xe9; dans un passage envenim&#xe9;, paralys&#xe9; par le
&quot;philosophique&quot;, et aujourd&apos;hui par le &quot;psychanalytique&quot;. C&apos;est dire
que &#xe7;a va de Charybe en Scylla. Avec un peu de patience, si je poursuis
&#xe0; ce train-l&#xe0;, je vais finir dans le &quot;macram&#xe9;&quot;. Ah! ah! ah! faut bien
que je me fasse un peu rire! Je ne veux pas de th&#xe9;orie dans ce roman!
Des actes, rien que des actes, principalement des actes pour le fond du
fond. L&apos;essentiel de mon dire, que je ne dis pas dans le roman, que je
d&#xe9;signe, passe par l&apos;alchimie du romanesque, l&apos;actualisation en vie.
C&apos;est dur &#xe0; faire (avec en plus le souci majeur de ne pas &#xea;tre comprise
mais tant pis! l&apos;art le vrai est &#xe0; ce prix) mais c&apos;est ce que je veux,
ou plut&#xf4;t quelque chose de plus fort que moi m&apos;y contraint...&lt;br&gt;
Je sais que si je n&apos;y arrive pas c&apos;est parce que c&apos;est en soi
extr&#xea;mement difficile, et non pas parce que je suis mauvaise (mais
mauvaise dans l&apos;autre sens du terme sans doute, &quot;m&#xe9;chante&quot;, il me faut
encore y parvenir... pour cet &#xe9;crire). &lt;br&gt;
Hier Fred m&apos;a dit : &quot;T&apos;inqui&#xe8;te pas, demain &#xe7;a ira mieux. Quand dans
l&apos;ordi &#xe7;a se sera &#xe9;crit, c&apos;est que ce sera bon.&quot; Et hier Philippe m&apos;a
dit: &quot;T&apos;inqui&#xe8;te pas. Tu l&apos;&#xe9;criras quand ce sera le moment.&quot; On dirait
qu&apos;ils me prennent pour une magicienne! Que &#xe7;a se fait tout seul. Par
devers moi. Mais dans le fond ils ont raison. C&apos;est par devers moi que
cela doit se faire. Oui mais voil&#xe0;, j&apos;en sais trop. Et &#xe7;a me tue. Cela
m&apos;emp&#xea;che d&apos;avancer. Je veux &#xe9;crire cette jouissance tout &#xe0; fait
originale que je n&apos;ai fait encore qu&apos;approcher dans ma vie. Celle qui
m&apos;a &#xe9;t&#xe9; donn&#xe9;e par le gode transparent. Ici &#xe9;crit. Par-del&#xe0; les affects
et les sensations. Quelque chose &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur, quelque chose: de
l&apos;&#xe2;me... Ici on est dans le moteur central, le champ central du d&#xe9;sir.
Ce qui fait se mouvoir. Mais comment mouvoir ce qui se fait se mouvoir?
Je n&apos;arrive pas &#xe0; fantasmer ce passage. Pour la simple raison que
justement je veux en &#xe9;crire l&apos;au-del&#xe0; du fantasme, sa source m&#xea;me.
Comment m&apos;y prendre alors?&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Personne ne peut m&apos;aider? Personne ne peut m&apos;aider...&lt;br&gt;
Je me dis qu&apos;il fait beau, que je pourrais aller voir dehors si j&apos;y
suis ( c&apos;est toujours une joie pour moi de voir que dehors j&apos;y suis
aussi, j&apos;ai souvent tendance &#xe0; l&apos;oublier). Que je pourrais aller voir
des amis qui n&apos;attendent que &#xe7;a. Attendre. Mais ce bureau m&apos;attache &#xe0;
lui. Il me fait trop jouir, malgr&#xe9; les difficult&#xe9;s, pour que je m&apos;en
&#xe9;loigne.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Pendant ce temps, Fred de l&apos;autre c&#xf4;t&#xe9;, &#xe0; son bureau, n&apos;arrive pas non plus &#xe0; avancer son film comme il le voudrait.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&quot;On est
pris &#xe0; notre propre pi&#xe8;ge, je lui ai dit tout &#xe0; l&apos;heure. Si on s&apos;&#xe9;tait
content&#xe9;s de faire de petites choses bien jolies, &#xe9;l&#xe9;gantes, ce que
tout le monde attend, on n&apos;aurait pas cette exigence, qui nous a d&#xe9;j&#xe0;
fait accomplir ce qu&apos;on a r&#xe9;alis&#xe9;, cette barre si haute &#xe0; laquelle
maintenant on ne peut plus d&#xe9;faillir.&quot;&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Dans les &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Lettres &#xe0; Poisson d&apos;or&lt;/span&gt;
que je lis en ce moment, avec grand bonheur, Jo&#xeb; Bousquet dit des
choses semblables &#xe0; sa correspondante aim&#xe9;e. Et tout ce qu&apos;il dit aussi
par ailleurs me touche infiniment. Je comprends bien le r&#xf4;le qu&apos;il lui
fait tenir dans sa vie. Sa lumi&#xe8;re. A la m&#xea;me place centrale, tout
pr&#xe8;s, de son pouvoir cr&#xe9;ateur, po&#xe9;tique.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Si
j&apos;&#xe9;tais b&#xea;te je me dirais que ces difficult&#xe9;s actuelles viennent d&apos;une
s&#xe9;paration vie-cr&#xe9;ation. Ces choses qu&apos;on a envie moi d&apos;&#xe9;crire lui
d&apos;imager, on a plut&#xf4;t envie de les vivre. Allons le faire! Comme ce
serait simple, sous son apparence tragique, cette gentillette
dichotomie! Mais je ne suis pas b&#xea;te et je sais qu&apos;il n&apos;en est rien.
Pas de s&#xe9;paration entre la vie et l&apos;art. On n&apos;&#xe9;crit pas pour fuir la
vie. On n&apos;&#xe9;crit pas &#xe0; l&apos;&#xe9;cart de la vie. Ceux qui le pensent ne sont
pas de vrais artistes. Ni des vivants. Cela marche ensemble. Dans la
pr&#xe9;face aux lettres de Jo&#xeb; Bousquet, Paulhan parle justement de la
diff&#xe9;rence actuelle et malheureuse entre ceux qui vivent et ceux qui
lisent.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Les
chemins paraissent bien s&#xfb;r bien d&#xe9;tourn&#xe9;s pour cette Vie. S&apos;enfermer
dans un bureau, vous pensez! C&apos;est un peu comme cette belle femme dans &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Alila&lt;/span&gt;,
film de l&apos;Isra&#xe9;lien Amos Gita&#xef;. Elle s&apos;ach&#xe8;te une paire de bottes
magnifiques, tr&#xe8;s co&#xfb;teuses et avec des talons si hauts qu&apos;ils en sont
bien inconfortables. Sa meilleure amie, tr&#xe8;s surprise d&apos;un pareil
achat, se demandant pourquoi une folie pareille, lui demande :&quot;Mais tu
comptes aller o&#xf9; avec &#xe7;a? C&apos;est pour aller o&#xf9;?&quot; Et la jeune femme lui
r&#xe9;pond: &quot;Au lit&quot;. Je trouve cette r&#xe9;ponse merveilleuse. Il faut dire
qu&apos;elle a une relation avec un type qui a presque deux fois son &#xe2;ge,
dont elle ne sait rien, et qu&apos;elle ne voit qu&apos;au lit pour des rapports
ultra-passionn&#xe9;s. Ce qui est pris pour aller au-dehors est en fait pour
aller au plus dedand du dedans... Parce que c&apos;est pareil. Et c&apos;est
pareil pour moi actuellement. Il me faut juste trouver les bonne
bottes. A la diff&#xe9;rence pr&#xe8;s qu&apos;elles ne sont pas dans un magasin mais
&#xe0; l&apos;&#xe9;tat larvaire dans ma cervelle-corps. Ma cervelle-corps a du mal &#xe0;
les l&#xe2;cher. Elle craint sans doute que je me fasse mal avec, que &#xe7;a
m&apos;emp&#xea;che de marcher, comme le craint l&apos;amie d&apos;Alila. Oui mais, ma
ch&#xe8;re cervelle-corps, ce n&apos;est pas pour marcher sur la terre, mais
ailleurs, tu comprends?!&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&lt;br&gt;
&lt;/span&gt;
</description><pubDate>Sun, 27 Feb 2005 12:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>C&apos;EST MAL MAIS C&apos;EST BON</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/23/337208.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/23/337208.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/337208/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/23/337208.html</guid><description>
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/27_Cranes_de_baleines.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; L&apos;All&#xe9;e des Baleines (ici les cr&#xe2;nes) Tchoukotka sib&#xe9;rienne&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Il neige et j&apos;ai mal. &lt;/font&gt;&lt;br face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot; /&gt;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Monsieur
Lee est pass&#xe9; hier, pour l&apos;ap&#xe9;ritif comme d&apos;habitude jusqu&apos;&#xe0; pr&#xe9;sent. Et
comme toujours, il apport&#xe9; une bouteille de vin et de quoi grignoter.
J&apos;aime bien quand Monsieur Lee passe le soir. Il y a sa gravit&#xe9; profonde
sous ses dehors l&#xe9;gers, joyeux. Il aime ce m&#xe9;lange. C&apos;est un grand
sentimental. C&apos;est &#xe9;trange de communiquer avec lui parce que son
fran&#xe7;ais est encore assez imparfait mais sa pens&#xe9;e, elle, ne l&apos;est pas.
Alors, c&apos;est important de se regarder pendant qu&apos;il parle, parce que je
peux lire la direction et l&apos;intensit&#xe9; de ce qu&apos;il veut dire dans son
regard. Et cela facilite la communication. Et comme Monsieur Lee est
artiste, on comprend vite aussi en g&#xe9;n&#xe9;ral ce qu&apos;il veut dire. Quand
c&apos;est moi qui lui r&#xe9;ponds, j&apos;ai moins besoin d&apos;avoir ce point de
contact des regards. Sans doute parce qu&apos;alors je le capte par ma voix.
Dans les moments de vraie parole, ma voix devient capteur aussi. C&apos;est
une oreille qui plonge directement dedans.&lt;/font&gt;&lt;br face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot; /&gt;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Mon
corps est en train de momentan&#xe9;ment se d&#xe9;traquer. Je le sens, par des
petites douleurs qui pointent et qui attisent mon angoisse de la
maladie et de la souffrance. Je crois que j&apos;ai, encore, abus&#xe9;. Samedi,
mon tr&#xe8;s fort mal de t&#xea;te suite &#xe0; la f&#xea;te, la veille, chez Norscq, a
&#xe9;t&#xe9; dissip&#xe9; par une longue douche chaude et puis la venue de V.O. qui
&#xe9;tait fort amusante. C&apos;est le lendemain que j&apos;ai d&#xe9;conn&#xe9;... Je lui
avais demand&#xe9; de me pr&#xea;ter &lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;L&apos;&#xe9;thique de la psychanalyse&lt;/font&gt;,
ce s&#xe9;minaire de Lacan que j&apos;avais lu et qui m&apos;avait fort impressionn&#xe9;e
quand j&apos;avais commenc&#xe9; &#xe0; lire Lacan. Je m&apos;&#xe9;tais mis en t&#xea;te d&apos;&#xe9;lucider
son propos &#xe0; propos du &lt;font style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Ravissement&lt;/font&gt;,
de Duras (pour mon trio). Et voil&#xe0; qui m&apos;a lanc&#xe9;e &#xe0; la poursuite de
l&apos;entre-deux-morts... Ce s&#xe9;minaire m&apos;a tellement captiv&#xe9;e, c&apos;&#xe9;tait
comme si Lacan me parlait directement et d&apos;une mani&#xe8;re aussi vive et
alerte, que je n&apos;ai pas l&#xe2;ch&#xe9; le livre jusqu&apos;au moment de l&apos;avoir fini,
et pris en note. Ce qui n&apos;a dur&#xe9; qu&apos;une journ&#xe9;e et demi.&lt;/font&gt;&lt;br face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot; /&gt;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Et
ensuite le corps, charg&#xe9; de trop d&apos;attention de pr&#xe9;cision, directive,
masculine dirais-je, se d&#xe9;traque doucement. Que j&apos;ai combattu hier en
me retenant d&apos;&#xe9;crire, je n&apos;ai &#xe9;crit que le matin, et en faisant
beaucoup de marche, entrecoup&#xe9;e par du l&#xe8;che-vitrine, et plus
pr&#xe9;cis&#xe9;ment l&apos;observation de bijoux, des bagues...&lt;/font&gt;&lt;br face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot; /&gt;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Mais,
dans le fond, s&apos;il se d&#xe9;traque, c&apos;est parce que je me suis mise &#xe0;
r&#xe9;-&#xe9;crire un passage un peu ancien du roman, o&#xf9; le personnage n&apos;est
plus que corps. Et donc souffrance...&lt;/font&gt;&lt;br face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot; /&gt;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Quand
j&apos;&#xe9;cris, &#xe7;a se passe comme &#xe7;a : la nuit et m&#xea;me la journ&#xe9;e tant que je
n&apos;ai pas align&#xe9; suffisamment de lignes (on dirait que je parle de
drogue, &#xe7;a en est un peu peut-&#xea;tre) il y a l&apos;angoisse de mort. Travail
de la sublimation. Cette angoisse se dissipe, ou plut&#xf4;t &#xe0; elle se
superpose quelque chose d&apos;encore plus fort, au moment proprement dit de
l&apos;&#xe9;criture. L&#xe0;, ce n&apos;est pas le bonheur, c&apos;est l&apos;au-del&#xe0;... Encore
mieux que tout... Si j&apos;ai align&#xe9; suffisamment de nouveau texte,
celui-ci me nourrit et me charge de plusieurs sentiments tous
magniques: apaisement, acuit&#xe9;, vue d&#xe9;gag&#xe9;e des choses, avec la bonne
distance. La nuit, l&apos;angoisse de mort revient. C&apos;est une sorte de cycle.&lt;/font&gt;&lt;br face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot; /&gt;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Actuellement,
je n&apos;ai pas le nombre de lignes suffisantes pour avoir les bons effets,
ceux qui me font me sentir vraiment moi-m&#xea;me. Et m&#xea;me la neige, que
d&apos;habitude j&apos;aime bien, je m&apos;en fous...&lt;/font&gt;&lt;br face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot; /&gt;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;verdana,arial,helvetica,sans-serif&quot;&gt;Ce
n&apos;est pas la peur qui forme l&apos;obstace sur la voie du d&#xe9;sir, de l&apos;amour
et de la jouissance. C&apos;est de devoir franchir la ligne. La ligne o&#xf9;
l&apos;on entre dans le domaine du mal&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 23 Feb 2005 10:16:00 GMT</pubDate></item><item><title>FILLE</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/18/327064.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/18/327064.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/327064/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/18/327064.html</guid><description>&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/ultra_clarence_white_01.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
Clarence White&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/bourgeois_spiralwoman.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
Louise Bourgeois, &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Spiralwoman&lt;/span&gt;, 2003&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Marketa_2004.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
Marketa Othova, 2004&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;font style=&quot;color: rgb(153, 0, 153);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;L&apos;intensit&#xe9;
de cette envie actuelle d&apos;&#xe9;crire m&apos;en emp&#xea;che, pour le moment. Je sais,
je ne me voile pas la face, que ce n&apos;est pas faute de bonne maturation
au niveau de la pr&#xe9;paration. Les &#xe9;l&#xe9;ments, en n&#xe9;buleuses, sont bien
ordonn&#xe9;s en moi, sans que cet ordonnancement m&apos;en soit visible
totalement. Il est &#xe0; point, pour &#xe9;crire: comme une ligne de flottaison
entre le conscient et l&apos;inconscient. Tout y est, parfaitement. Et,
paradoxalement, c&apos;est pour &#xe7;a que cela emp&#xea;che d&apos;&#xe9;crire, pour le
moment... Maintenir la puret&#xe9; de l&apos;angoisse: stopper la compulsion de
documentation. Et n&apos;&#xe9;tablir ni des sch&#xe8;mes au pr&#xe9;alable, ni un
quelconque plan.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Et si
tout ce que j&apos;avais &#xe9;crit jusqu&apos;&#xe0; maintenant &#xe9;tait nul et non avenu?
Pens&#xe9;e r&#xe9;confortante (sous ses dehors angoissants) ou bien
op&#xe9;rationnelle? Tout neutraliser pour faire du nouveau. Le neuf vit de
la br&#xfb;lure extr&#xea;me.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;C&apos;est
bien cela, une envie d&apos;&#xe9;crire tellement forte qu&apos;elle me br&#xfb;le, la main
droite se couvre de rouge, comme dans une impossible &#xe9;rection. Fille,
je dois encore, une nouvelle fois, mourir &#xe0; moi-m&#xea;me.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
</description><pubDate>Fri, 18 Feb 2005 10:03:00 GMT</pubDate></item><item><title>BOUDOIRS ET BIBLIOTHEQUES</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/12/313765.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/12/313765.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/313765/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/12/313765.html</guid><description>&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Marketa_autobus.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
Marketa Othova, 2003&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Mappelthorpe.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
Mappelthorpe&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Marketa_lustre2003.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt;
Marketa Othova, 2003&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Pourquoi
ce besoin vital et incessant d&apos;&#xe9;crire? Petits signes trac&#xe9;s. Comment
font-ils, les peuples sans &#xe9;criture? Ah mais c&apos;est vrai, cela n&apos;existe
pas; toute ethnie dispose, s&apos;est donn&#xe9; les moyens de l&apos;&#xe9;criture. M&#xea;me
si celle-ci ne passe pas par les petits signes, alphabets,
id&#xe9;ogrammes... On peint-&#xe9;crit sur du sable, avec des pierres, sur les
tissus, la terre, sur la peau, les tatouages, les bijoux, dans les
r&#xea;ves &#xe9;veill&#xe9;s des transes, partout, dans le ciel et la terre, tout le
temps. Tout ce qui rel&#xe8;ve d&apos;une syntaxe, d&apos;un ensemble de codes est
&#xe9;criture. Les rituels aussi en sont. A noter ce qu&apos;&#xe9;crit Lacan dans sa
pr&#xe9;face de la publication japonaise de ses &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Ecrits &lt;/span&gt;:
l&apos;inconscient &#xe9;tant structur&#xe9; comme un langage et la dimension m&#xea;me de
la langue japonaise &#xe9;tant le mot d&apos;esprit (mot d&apos;esprit par lequel se
colmatent, se r&#xe9;solvent,&amp;nbsp; les formations de l&apos;inconscient), les
Japonais n&apos;ont pas besoin d&apos;&#xea;tre psychanalys&#xe9;s. Ce qui est hallucinant!
&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Et cette
extr&#xea;me codification dans toutes les pratiques importantes sociales au
Japon, a-t-elle aussi &#xe0; voir avec ce trait sp&#xe9;cifique de la langue
japonaise? Oui sans doute, mais je ne vois pas encore comment.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Tout s&apos;&#xe9;crit, m&#xea;me sans alphabet. Oui mais alors pourquoi chez moi ce besoin incessant de passer par la langue sp&#xe9;cifiquement?&lt;br&gt;
&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Elle est
l&#xe0;, tout le temps, au fond, &#xe0; la surface, dans les p&#xe9;riph&#xe9;ries comme
dans les fonds sans fonds, le d&#xe9;velopp&#xe9; virtuel de la langue qui se
m&#xe9;diatise &#xe0; moi par la fiction. Comme elle &#xe9;tait forte avant-hier dans
la biblioth&#xe8;que, belle, de Paris VIII. Mes yeux prenaient des photos,
sans appareil, &#xe0; partir d&apos;embryons fictionnels, accroch&#xe9;s &#xe0; la matrice
du roman, pendant que je me d&#xe9;pla&#xe7;ais ou m&apos;arr&#xea;tais, la chair comme une
table d&apos;enregistrement. L&apos;enregistrement, qui donne une aura
particuli&#xe8;re au pr&#xe9;sent, qui lui fournit toute sa vivacit&#xe9; de plonger
dans ses noeuds, ne peut se faire qu&apos;&#xe0; partir de la matrice invisible
de la langue qui r&#xe9;clame, en m&#xea;me temps qu&apos;elle donne, toujours de
nouvelles nourritures. Pour que puissent se d&#xe9;velopper, encore et
encore, de nouvelles vies. V&#xe9;cues, l&#xe0;-bas, au plus noir et au plus
clair de moi, par les personnages qui existent. Comment font les gens
qui n&apos;&#xe9;crivent pas? Cela doit &#xea;tre plus reposant sans doute. Sans cette
impression de se trouver constamment au bord du pr&#xe9;cipice, le vide,
impression dangereuse et exaltante parce que c&apos;est de ce pr&#xe9;cipice que
vont venir les vies &#xe0; venir...&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Je vais
bient&#xf4;t, oui le faire, le saut temporel dans le roman. Je m&apos;y pr&#xe9;pare,
en laissant flotter... Pour que le roman retombe convenablement sur ses
pattes, des mois, des ann&#xe9;es plus tard. Et je vais d&#xe9;velopper enfin ce
que je projette depuis 5 ans. Parall&#xe8;lement, et je sais que quelque
part &#xe7;a marche ensemble, je me passionne pr&#xe9;cis&#xe9;ment pour l&apos;alliage
sans doute primitif, archa&#xef;que, du son, de l&apos;image et du mot,
non-s&#xe9;par&#xe9;s. O&#xf9; l&apos;image, le mot, le son se donnent d&apos;une mani&#xe8;re unie,
non pas par une juxtaposition de l&apos;art, de la musique et de l&apos;&#xe9;criture
mais, en amont de la distinction de ces trois domaines, dans une transe
o&#xf9;, en tant que s&#xe9;par&#xe9;s, ils n&apos;existent pas. Origine du th&#xe9;&#xe2;tre. Ordre
sacrificiel. Et j&apos;ai appris que les &quot;anc&#xea;tres&quot; des geisha &#xe9;taient des
pr&#xea;tresses. Officiant dans tous les rites importants par le chant et la
danse. Et la prostitution. Le ma&#xee;tre mot de la prostitution (sacr&#xe9;e
bien s&#xfb;r, comme il se doit) est le mariage qui, dans son intensit&#xe9; la
plus vive consiste &#xe0; devenir l&apos;un par l&apos;autre, devenir l&apos;autre,&amp;nbsp;
avec... l&apos;invisible, que d&apos;aucuns appellent divinit&#xe9;s.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Alors je
crois que mon besoin vital d&apos;&#xe9;crire vient de l&#xe0;. De ce besoin premier,
inalt&#xe9;rable, de l&apos;amour le plus vif, de la passion. Devenir moi plus
que moi, au-del&#xe0; de moi. Autre. Et, par del&#xe0; cet Autre, passion....
devenir... ce secret de la putain. Qui, de passer d&apos;un homme, toi, &#xe0;
l&apos;autre, toi, n&apos;appartient &#xe0; personne, obsc&#xe8;ne dans son inalt&#xe9;rable
virginit&#xe9;. Chair de femme obsc&#xe8;ne car, sans phallus ni aucune marque de
phallus sur elle ( et l&apos;appartenance constante &#xe0; un homme formerait sur
elle une telle marque), elle ne signifie RIEN. Hors du sens, hors du
discours, &#xe9;chappant &#xe0; la signification, pur R&#xe9;el. Le r&#xea;ve pur est le
R&#xe9;el. Cela n&apos;est rien d&apos;autre que cela. C&apos;est pourquoi elle peut faire
peur, m&#xea;me &#xe0; moi, parfois.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;
&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Maintenant
elle m&apos;appelle du fond de moi, elle existe d&#xe9;j&#xe0;. Et rien de moi ne
pourra lui r&#xe9;sister. Alors je flotte de plus belle. Sans peur ni regret
d&apos;aucune sorte. Cela serait indigne d&apos;elle. Je l&apos;ai sous ma
responsabilit&#xe9;. Elle pourtant qui me porte. M&#xea;me l&apos;&#xe9;criture est peu de
chose devant elle, parce qu&apos;elle, en amont, en d&#xe9;tient le secret de
Fabrication.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;br&gt;
</description><pubDate>Sat, 12 Feb 2005 12:54:00 GMT</pubDate></item><item><title>ANGE EXTREME</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/08/305696.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/08/305696.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/305696/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/08/305696.html</guid><description>
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Penn.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt; Patrick Penn dans &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Absences r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;es&lt;/span&gt;&amp;nbsp; de Guy Gilles &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Patrick_Jouan_.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt; Patrick Jouan&#xe9; dans &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Absences r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;es&lt;/span&gt;&amp;nbsp; de Guy Gilles&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/04_penn.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt; Patrick Penn dans &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Absences r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;es&lt;/span&gt;&amp;nbsp; de Guy Gilles &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Belles
d&#xe9;couvertes hier soir ( et belle surprise pour mon anniversaire, j&apos;aime
que &#xe7;a se passe ainsi, faire comme si de rien n&apos;&#xe9;tait et voir justement
ce qui survient ce jour dit ) : &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Absences r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;es&lt;/span&gt;, 1972. Un cin&#xe9;aste : Guy Gilles (1938-1996) http://www.guygilles.com&lt;br&gt;
&amp;nbsp;D&#xe9;couvertes faites au festival &quot;Est-ce ainsi que les hommes
vivent&quot;, Saint-Denis, qui se cl&#xf4;ture aujourd&apos;hui. Cela a &#xe9;t&#xe9; &#xe9;mouvant
d&apos;avoir cela pour mon 7, une oeuvre ayant pour sujet les anges, tels
que je les con&#xe7;ois. Un ange extr&#xea;me, (semi-)incarn&#xe9; par Patrick Penn.
Personnage au-del&#xe0; de la m&#xe9;lancolie et de la douleur. En effet,
quelqu&apos;un qui peut dire &#xe0; la fois, comme il le fait : &quot;Je voudrais
quitter la terre&quot;, (il se pr&#xe9;pare d&apos;ailleurs m&#xe9;ticuleusement et
l&#xe9;g&#xe8;rement &#xe0; sa mort choisie) et &quot;J&apos;aime la vie&quot; avec un sourire d&apos;une
douceur incomparable, quelqu&apos;un pouvant dire &#xe7;a est d&#xe9;j&#xe0; au-del&#xe0; de
tout. C&apos;est bien l&#xe0; d&apos;ailleurs son probl&#xe8;me. Je peux dire que Guy
Gilles est un parfait sp&#xe9;cialiste en ang&#xe9;lisme.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Il
y a un grand nuancier dans la palette des anges. Ivres et assoiff&#xe9;s
d&apos;absolu. Lui qui dit : &quot;Je croyais que la vie est un po&#xe8;me&quot;. Elle ne
l&apos;est pas... Il en meurt. Celui-ci qui est extr&#xea;me, mourant emportant
avec lui son secret. Dans sa lettre d&apos;adieu &#xe0; sa m&#xe8;re, le jeune homme,
21 ans, dit que le secret ce n&apos;est pas quelque chose que l&apos;&#xea;tre cache
mais ce qu&apos;il n&apos;arrive pas &#xe0; exprimer de lui aux autres, ce qui lui est
essentiel. C&apos;est sa maladie. Cette maladie qui l&apos;emp&#xea;che de s&apos;exprimer.
&lt;br&gt; Dans le film, il dit que ces phrases de lui qu&apos;on entend, ce n&apos;est
ni son journal, ni son livre, qu&apos;il ne veut rien faire, juste des mots.
Ne pas donner forme.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;S&apos;exprimer
veut dire sortir de soi des choses. Pour cela, il faut accepter de les
r&#xe9;aliser c&apos;est-&#xe0;-dire accepter la douleur jouissive et la jouissance
douloureuse de les extraire, de les d&#xe9;couper dans l&apos;infinie, dans la
fascinante matrice du Rien-Tout. A laquelle s&apos;identifie l&apos;ange, plus ou
moins, et celui-ci l&apos;est radicalement &#xe0; en mourir. A n&apos;en faire qu&apos;un.
D&apos;o&#xf9; sans doute la fascination qu&apos;il exerce sur autrui. Chacun fascin&#xe9;
devant cette part incarn&#xe9;e, visible, d&apos;immat&#xe9;rielle matrice f&#xe9;condante.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Je
ne suis pas all&#xe9;e voir les autres films de Guy Gilles qui sont pass&#xe9;s
avant &#xe0; Saint-Denis. J&apos;ai tr&#xe8;s envie de voir les autres, tous les
autres films de lui.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Chose aussi troublante: dans &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Absences r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;es&lt;/span&gt;, d&apos;une grande beaut&#xe9;, m&#xea;me avec ses imperfections qui la rend encore plus vivante, par trois fois revient le &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Stabat Mater&lt;/span&gt; de Vivaldi qu&apos;&#xe0; la maison nous &#xe9;coutons souvent en pensant aux anges. Le &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Stabat Mater&lt;/span&gt;,
avec cette voix de contre-ut (imaginons la voix de castrat de l&apos;ancien
temps), au-del&#xe0; de la diff&#xe9;rence sexuelle, cette musique belle comme la
plus belle des morts et le plus bel amour, sonnait magnifiquement avec
ces visages tragiques, dans des rues contemporaines. &lt;br&gt; Et nous
sommes rentr&#xe9;s si assouvis de cette s&#xe9;ance que nous n&apos;avons pas eu
envie de voir un autre film en d&#xee;nant. Et aujourd&apos;hui ce film m&apos;a fait
comprendre qu&apos; Intensit&#xe9; et Absolu, ce n&apos;est pas du tout la m&#xea;me chose!
M&#xea;me&amp;nbsp; si on&amp;nbsp; peut les confondre, comme j&apos;ai pu le faire
longtemps. Au contraire, c&apos;est dans l&apos;opposition entre Intensit&#xe9; et
Absolu que se tient la seule voie de salut pour les anges malades (et
au d&#xe9;part, ils le sont tous, dans un certain sens, on peut dire oui,
que c&apos;est une maladie de la vie, d&apos;en plonger dans les racines
profondes). Le seul moyen, si l&apos;on peut y acc&#xe9;der, de choisir la Vie.&lt;br&gt; &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;A un moment du film, qui passe souvent du noir au blanc, mais l&#xe0; c&apos;est en couleurs, &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;s&apos;&#xe9;l&#xe8;ve&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; le &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;Stabat Mater&lt;/span&gt;
de Vivaldi&amp;nbsp; et la cam&#xe9;ra caresse un ensemble d&apos;anges masculins
c&#xf4;te &#xe0; c&#xf4;te, torses nus, l&#xe9;g&#xe8;rement maquill&#xe9;s. Entre le trash et la
perfection c&#xe9;leste. L&#xe0;, j&apos;ai presque d&#xe9;failli...&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;br&gt; &lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br&gt; &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;br&gt;
</description><pubDate>Tue, 08 Feb 2005 16:50:00 GMT</pubDate></item><item><title>LE LIEU PROSTITUTIONNEL</title><dc:creator>frederika</dc:creator><link>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/07/302994.html</link><comments>http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/07/302994.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://frederika.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/302994/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://frederika.canalblog.com/archives/2005/02/07/302994.html</guid><description>
&lt;img src=&quot;http://Frederika.canalblog.com/Bronzino_Saint_Mathieu.jpg&quot;&gt;&lt;br&gt; Bronzino&lt;br&gt; &lt;font style=&quot;color: rgb(0, 0, 102);&quot; size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br&gt;
La semaine derni&#xe8;re, &#xe7;a a tellement bien moulin&#xe9; en moi que hier matin,
apr&#xe8;s une heure de lecture, j&apos;ai eu une fi&#xe8;vre assez forte. Avec
mollesse et courbatures. Elle a dur&#xe9; assez longtemps. J&apos;ai d&#xfb; dormir un
peu apr&#xe8;s le d&#xe9;jeuner pour la faire dispara&#xee;tre.&lt;br&gt; &lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&quot;L&apos;image
ouvre dans le visible un lieu prostitutionnel qui offre son cadre &#xe0;
tous les &#xe9;v&#xe9;nements du pass&#xe9; et, dans une optique nietzsch&#xe9;enne, fait
d&#xe9;filer le carnaval de l&apos;histoire. Toutes les chances manqu&#xe9;es peuvent
alors se pr&#xe9;senter une nouvelle fois. &quot;&lt;/span&gt;Jean-Fran&#xe7;ois Poirier&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Apr&#xe8;s
le dernier passage &#xe9;crit, avec une infinit&#xe9;... de personnages, morts et
vivants,&amp;nbsp; hier soir alors que j&apos;&#xe9;tais au cin&#xe9;ma &#xe0; Saint-Denis, au
festival &quot;Est-ce ainsi que les hommes vivent&quot;, ayant pour th&#xe8;me cette
ann&#xe9;e l&apos;adolescence : &quot;Sauvage Innocence&quot;, dont Fred a eu des
invitations, j&apos;ai d&#xe9;cid&#xe9;, d&apos;&#xe9;crire maintenant, pour la suite du
roman,&amp;nbsp; un texte plut&#xf4;t introspectif, resserr&#xe9; quant au nombre de
personnages, une r&#xe9;flexion de l&apos;artiste. Fred a aim&#xe9; cette phrase de
J-F Poirier que je lui ai lue. D&#xe8;s qu&apos;il a entendu le mot
&quot;prostitutionnel&quot;, il a dress&#xe9; l&apos;oreille, fort int&#xe9;ress&#xe9;, sans m&apos;en
dire davantage &#xe9;videmment; &#xe0; mois de creuser... Ce que je vais faire
pour ce que j&apos;ai maintenant justement &#xe0; &#xe9;crire. Avec comme point de
d&#xe9;part que l&apos;image, et d&apos;ailleurs m&#xea;me si elle bouge, arr&#xea;te le temps.
Avec le cadre qu&apos;elle impose d&apos;embl&#xe9;e, et avec ce don &#xe0; chaque fois
d&apos;une totalit&#xe9; encercl&#xe9;e se donnant d&apos;un coup, elle induit l&apos;arr&#xea;t
(sous-entendant le continuum de la pr&#xe9;sence). De l&#xe0; sans doute aussi le
lieu prostitutionnel, Autre Chose pouvant revenir &#xe0; une m&#xea;me place. Un
objet (et puis un autre et puis un autre...), dans la mesure o&#xf9; il est
ad&#xe9;quat, pouvant remplir, investir la forme d&#xe9;termin&#xe9;e du fantasme.
Mais, le sublime, c&apos;est d&apos;atteindre non pas l&apos;objet mais la Chose
primordiale, perdue de ne s&apos;&#xea;tre jamais poss&#xe9;d&#xe9;e, la trame m&#xea;me qui
nous fait &#xea;tre. C&apos;est cela que la v&#xe9;ritable image, l&apos;art, veut
atteindre. Cette jouissance-l&#xe0;. C&apos;est l&apos;image mentale de Marcel, celle
cr&#xe9;&#xe9;e par le romancier, immat&#xe9;rielle, absolue, et elle seule est
communicable parce qu&apos;elle ne se communique pas apr&#xe8;s s&apos;&#xea;tre form&#xe9;e
mais sa constitution m&#xea;me r&#xe9;sulte de l&apos;interp&#xe9;n&#xe9;tration du donneur et
receveur qui, dans ce processus d&apos;&#xe9;change parfaits, s&apos;effacent en tant
que tels.&lt;br&gt; &lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Le
po&#xe8;te &quot;na&#xef;f&quot; est en accord avec la Nature, avec la vie. Il va en suivre
les mouvements. Tandis que le &quot;sentimental&quot; est en d&#xe9;saccord avec
elles, il a dans la t&#xea;te une utopie, tout un monde de r&#xea;ves et de
d&#xe9;sirs en dissonance avec l&apos;&#xe9;tant donn&#xe9;. C&apos;est en gros la th&#xe9;orie de
Schiller qui voyait en lui-m&#xea;me un homme sentimental et, en Goethe son
ami, un &quot;na&#xef;f&quot;. C&apos;est vrai... Goethe n&apos;a-t-il pas un peu rejet&#xe9; son
romantique Werther? Schiller visait l&apos;accord, la r&#xe9;union de ces deux
tendances. A moi, elles ne semblent pas si en d&#xe9;saccord que &#xe7;a. Car on
ne peut vraiment d&#xe9;j&#xe0;, ne serait-ce qu&apos;examiner proprement le monde, la
Nature, qu&apos;en les d&#xe9;passant, qu&apos;en sortant de leur cadre par la
confection d&apos;une Autre chose (autre Lieu ), tr&#xe8;s &#xe9;labor&#xe9;e et si bien
s&#xfb;r elle ne fait pas que rester &#xe0; l&apos;&#xe9;tat de vague fantasme non
structur&#xe9; ( devant passer par l&apos;&#xe9;tape essentielle de la sublimation qui
est 1) acceptation que rien ne peut venir nous combler enti&#xe8;rement et
2) de savoir b&#xe2;tir &#xe0; partir du Rien ).&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Il
y a s&#xfb;rement moyen, si je creuse bien tout &#xe7;a, d&apos;&#xe9;crire un fort beau
texte. Que je vois d&apos;une simplicit&#xe9; de forme d&#xe9;chirante, en noir et
blanc, avec des ar&#xea;tes vives, un jeu de contrastes, une binarit&#xe9; comme
une fracture. &lt;br&gt; Et ensuite il faudra envisager un grand saut dans le temps, une coupure romanesque importante.&lt;br&gt; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Ce
matin, d&#xe8;s que j&apos;ai rallum&#xe9; mon t&#xe9;l&#xe9;phone, c&apos;est mon fr&#xe8;re qui m&apos;a
appel&#xe9;e le premier pour me souhaiter un bon anniversaire. Au Japon, je
ne sais pas si cela se fait encore de nos jours, l&apos;&#xe2;ge ne se compte pas
&#xe0; partir de la naissance mais &#xe0; partir de la conception. Et hier soir
avec Fred, dans le noir, au lit, nous avons recherch&#xe9; nos mois de
conception. Avec pour r&#xe9;sultat, qui nous a encore emball&#xe9;s ce matin, le
calcul et la diff&#xe9;rence entre sa conception et ma naissance.&lt;br&gt; &lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Comme il a senti que je travaille l&apos;image, Fred m&apos;a envoy&#xe9; hier l&apos;image du tableau de Bronzino en y mettant son propre titre: &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;le regard hallucin&#xe9; du regardeur et du regard&#xe9;&lt;/span&gt;.
Fred m&apos;a dit que ce personnage, de se d&#xe9;couper &#xe0; l&apos;int&#xe9;rieur d&apos;une
sorte de fen&#xea;tre, semble surgir et nous regarder en face. Et qu&apos;il est
aussi hallucin&#xe9; de nous voir (le regarder) que nous de le voir (nous
voir le voir).&amp;nbsp; Ici se trouve je pense l&apos;une des choses
principales de l&apos;Art, cette rencontre de Regard.&lt;/span&gt;&lt;br style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; &lt;span style=&quot;font-family: verdana,arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;A
propos de regard, l&apos;une des choses qui m&apos;ont frapp&#xe9;e hier soir en
voyant au cin&#xe9;ma le beau film de Lionel Zoukaz, pr&#xe9;sent et introduisant
ses films et tr&#xe8;s charmant d&apos;ailleurs, &lt;span style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;IXE&lt;/span&gt;,&amp;nbsp;
a &#xe9;t&#xe9; le regard tr&#xe8;s sp&#xe9;cial du jeune homme apr&#xe8;s son shoot. Film
partag&#xe9; en deux &#xe9;crans juxtapos&#xe9;s, avec un d&#xe9;ferlement ultra-rapide
d&apos;images chocs. Zoukaz pensait que &#xe7;a allait nous d&#xe9;primer mais moi je
m&apos;y suis trouv&#xe9;e, dans cette violence et &#xe9;nergie, dans mon &#xe9;l&#xe9;ment; et
&#xe7;a revigore! Je ne veux pas mettre en mot ce regard de l&apos;h&#xe9;ro&#xef;ne. Alli&#xe9;
aux images et au style qui baigne tout le film, on sent pas mal l&apos;effet
de la drogue. En premier, on a vu un film sur la mort de sa m&#xe8;re. Tr&#xe8;s
autobiographique comme tous ses films. Zoukas a dit ensuite qu&apos;il a
arr&#xea;t&#xe9; de se droguer apr&#xe8;s avoir fait ce film, parce qu&apos;il avait
compris alors ce qui lui faisait prendre la substance. C&apos;&#xe9;tait lui ado
qui quittait le domicile parental alors que sa m&#xe8;re tr&#xe8;s ch&#xe9;rie et
aimante se mourait d&apos;un cancer. Et c&apos;&#xe9;tait d&#xe9;chirant parce que &#xe7;a lui
faisait si mal de la laisser. Et &#xe0; elle aussi mais elle l&apos;engageait
vivement &#xe0; partir, &#xe0; vivre. A ce moment-l&#xe0;, Fred m&apos;a touch&#xe9; la main en
me demandant si je pleurais. Et je lui ai dit, bien qu&apos;il le s&#xfb;t d&#xe9;j&#xe0;
bien s&#xfb;r, que ce qu&apos;on voyait, c&apos;&#xe9;tait tout &#xe0; fait comme moi (avec mon
p&#xe8;re), ce qui m&apos;&#xe9;tait arriv&#xe9; &#xe0; moi. Fred m&apos;a r&#xe9;pondu que c&apos;&#xe9;tait
justement pour &#xe7;a que je devais pleurer. Colette et Fred ne pleurent
jamais. Elle, elle donnait comme pr&#xe9;texte que &#xe7;a faisait couler son
mascara. Je me demande si l&apos;impossibilit&#xe9; &#xe0; pleurer de Fred ne vient
pas simplement du fait que &#xe7;a brouille la vision... Le regard hallucin&#xe9;
toujours. Et de plus en plus. Et cette nuit il m&apos;a dit qu&apos;on pouvait
s&apos;aimer encore plus. C&apos;est tr&#xe8;s troublant... Vraiment, j&apos;aime &#xe7;a. &lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
</description><pubDate>Mon, 07 Feb 2005 11:13:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>